Silv. de Sacy

Résumé

Silv. de Sacy Revue des Deux Mondes

Si le doute règne encore dans un grand nombre d’esprits, il n’y a plus heureusement de haine dans les cœurs contre le christianisme, parce qu’on ne persécute plus personne au nom de l’Évangile. Nous ne trouvons pas plus de goût au cynisme de l’impiété qu’au cynisme de l’immoralité ; et, pleins de reconnaissance pour les grands génies qui nous ont enrichis de tant de vérités utiles et dont l’éloquence fera l’admiration de tous les siècles, nous les plaignons de n’avoir pas su être aussi hauts de cœur qu’ils l’étaient d’esprit.
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Silv. de Sacy Revue des Deux Mondes

Un vers dur le fait sauter sur son fauteuil ; une faute de goût le met en colère même contre une impiété, et la seule chose qu’il ne pardonne pas à un philosophe, c’est de mal écrire. Vous haussez les épaules de cette passion pour les mots ? Eh bien ! avec votre dédain pour ces futilités littéraires, ayez, je vous prie, la grace et la légèreté de Voltaire, écrivez avec plus de naturel et de liberté que lui, faites pétiller plus d’idées dans un style plus coulant et plus simple ! Le style, c’est la beauté de la pensée, comme les bois, les eaux, la lumière, sont la beauté du monde.
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Silv. de Sacy Revue des Deux Mondes

J’en suis fâché pour le XVIIIe siècle et pour sa littérature, si belle à d’autres égards ; son immoralité est une tache que tant d’éloquence et de génie n’effacera pas. On se demande, malgré soi, si cette philosophie était sérieuse, si elle avait réellement pour but d’élever et d’épurer l’esprit humain en l’affranchissant, ou de mettre les passions à l’aise en corrompant le cœur.
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