Résumé

Éloge de Montaigne, discours qui a remporté le prix d'éloquence décerné par la classe de la langue et de la littérature françaises de l'Institut… (1812)

Montaigne n'avait que le mérite assez rare de dire souvent la vérité, il aurait, on peut le croire, comme Charron son imitateur, obtenu plus d'estime que de succès, et plus d'éloges que de lecteurs. Ceux mêmes qui préfèrent la raison à tout veulent encore qu'elle soit assez ornée pour être agréable; et l'on ne cherche pas l'instruction dans un livre où l'on craint de trouver l'ennui. Montaigne plaît, amuse, intéresse par la naïveté, l'énergie, la richesse de son style et les vives images dont il colore sa pensée.
Source : Gallica

Éloge de Montaigne, discours qui a remporté le prix d'éloquence décerné par la classe de la langue et de la littérature françaises de l'Institut… (1812)

L'imagination est la qualité dominante du style de Montaigne. Cet homme n'a point de supérieur dans l'ait de peindre par la parole. Ce qu'il pense, il le voit; et par la vivacité de ses expressions, il le fait briller à tous les yeux. Telle était la prompte sensibilité de ses organes et l'activité de son ame. Il rendait les impressions aussi fortement qu'il les recevait,.
Le philosophe Mallebranche, tout ennemi qu'il était de l'imagination, admire celle de Montaigne, et l'admire trop peut-être ; il veut qu'elle fasse seule le mérite des Essais, et quelle y domine au préjudice de la raison.
Source : Gallica

Éloge de Montaigne, discours qui a remporté le prix d'éloquence décerné par la classe de la langue et de la littérature françaises de l'Institut… (1812)

Quel est ce prodigieux mérite qui survit aux variations du langage, aux changemens des moeurs ? c'est le naturel et la vérité : voilà le charme qui ne peut vieillir. La grandeur des idées, l'artifice du style ne suffisent pas pour qu'un écrivain plaise toujours : et ce n'est pas seulement de siècle en siècle, et à de longs intervalles, que le goût change, et que les ouvrages éprouvent des fortunés diverses : dans la vie même de l'homme, il est un période où, détrompés de ce monde idéal que les passions formaient autour de nous
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature