Emmanuel Charron

Définition et enjeux

Jules-Emile Alaux,  Études esthétiques : l'art dramatique… (1884)

“ Elle reste du moins comme un témoin de la langue et de la pensée au XVIe siècle : la langue s'essayant à exprimer la pensée, et non plus la passion ou l'imagination, mais la raison. Il eut fallu la raison éloquente : le XVIIe siècle la trouvera, et ce sera sa gloire. Charron est la raison sans éloquence. Il n'a ni la force, la profondeur, l'originalité de la pensée, ni la vivacité de l'expression : il a de la méthode, il argumente selon les règles, et c'est raisonnablement, d'un raisonnable style, qu'il parle de la sagesse. ”
Source : Gallica

Ernest Zyromski,  L'orgueil humain (1904)

“ L'humanisme cessait d'être une occupation de lettrés, ou la récompense de la culture; il était transporté du domaine de la littérature dans la vie quotidienne, et Charron le présentait comme l'expression d'une morale pratique, brève et invincible, destinée à faire l'union et le bonheur des hommes.
Charron ne se contente pas de ces affirmations
de principes. Il insiste sur le danger d'une piété verbale, « facile et aisée ». Il redoute la complicité de l'imagination dans l'élaboration de la morale religieuse.
”
Source : Gallica

Portrait de Henri Bremond Henri Bremond,  Autour de l'humanisme : d'Erasme à Pascal… (1936)

“ Cette glose secrète, mais constante, est peut-être ce qu'il y a de plus lumineux dans toute la thèse. Charron était-il quelqu'un? Oui, certes, répond M. Sabrié. C'était un fort en thème. Songez à sa volonté prodigieuse et n'oubliez pas que « la volonté est le talent de ceux qui n'en ont pas ». Qu'à cela ne tienne! Nous ne sommes pas de la famille. Prêter à de médiocres comparses un rôle important, la fortune moqueuse a souvent de pareilles fantaisies. Rien ne manquerait au XVIe siècle, si Charron n'avait pas écrit. ”
Source : Gallica

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