Résumé

Albert Dumont Les Etudes d'érudition en France et en Allemagne

Cette conviction, qui est générale en France, se trouve rarement en Allemagne. Il est étrange que le savant se croie autorisé à parler d’histoire et de poésie, de ce qui a été senti et pensé, s’il n’est pas persuadé que la rudesse et la banalité de la langue sont un voile épais qui cache à tous les yeux les contours et les formes, non-seulement des idées, mais des faits. L’exactitude, — cette qualité que l’érudition prise, et ajuste titre, plus que nulle autre, — est impossible, si le style ne se plie pas sous vos mains à toutes les nuances de la vérité.
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Albert Dumont Les Etudes d'érudition en France et en Allemagne

D’ordinaire les faits sont anciens, il faut les soumettre à la critique, connaître la langue des auteurs qui nous les conservent, déchiffrer les documens, étudier les questions d’authenticité, de chronologie, nous entourer de toutes les lumières qui permettent non-seulement de découvrir des nouveautés, mais de les voir telles qu’elles sont. L’érudition est dans l’ordre des recherches historiques et morales ce qu’est l’analyse dans l’étude du monde physique, la condition indispensable de toute synthèse.
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Albert Dumont Les Etudes d'érudition en France et en Allemagne

En reculant les bornes de l’idéal, elle ne fait que le rendre plus grand ; la plus rigoureuse et la plus positive des études ne marche de progrès en progrès que pour découvrir sans cesse une poésie plus profonde et plus originale. Il n’est pas d’érudit qui, penché sur sa tâche, n’ait le sentiment du travail qui s’accomplit autour de lui ; il sait qu’il y contribue, et que, sans les recherches auxquelles il se consacre, cet édifice, si beau qu’il fût, ne serait qu’une vaine illusion.
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