Résumé

Portrait de Albert Duruy Albert Duruy La Liberté de l’enseignement supérieur en France

Tant que la loi reconnaîtra au prêtre dans l’école, à l’évêque dans le conseil départemental ou dans le conseil académique, un droit de surveillance sur l’enseignement universitaire, tant qu’on n’aura pas séparé d’une façon définitive l’école et l’église, l’Université sera en droit de refuser la lutte. La séparation de l’église et de l’école ne serait au fond qu’un acheminement vers la séparation complète de l’église et de l’état. Peut-être ceux qui réclament si vivement la liberté de l’enseignement supérieur n’ont-ils pas mesuré toute la portée d’une pareille demande.
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Portrait de Albert Duruy Albert Duruy La Liberté de l’enseignement supérieur en France

En France, rien de semblable : au lieu d’universités ayant une vie propre, indépendantes les unes des autres, se recrutant elles-mêmes et s’ouvrant à tous, nous avons l’Université, qui n’est autre chose que l’état enseignant, imposant ses méthodes, traçant à l’enseignement un cercle dont il ne peut impunément sortir, considérant le professeur comme un fonctionnaire, et la science comme une chose qui se règle.
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Portrait de Albert Duruy Albert Duruy La Liberté de l’enseignement supérieur en France

Ce qu’un professeur peut faire de plus grave, c’est d’avancer une proposition contestable, qui est immédiatement discutée. Les Allemands n’ont pas la liberté d’enseignement ; ils ont la liberté scientifique, ce qui vaut mieux.
Ce n’est pas tout : en Allemagne, grâce au classement des professeurs en ordinaires, extraordinaires et privat-docenten, il n’est pas un homme, à quelque religion ou à quelque opinion philosophique qu’il appartienne, qui ne soit assuré, s’il est docteur, de pouvoir faire un cours d’enseignement supérieur sur le sujet qu’il aura choisi.
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