Charles Augustin Sainte-Beuve,
Critiques et portraits littéraires…
“ Molière et Shakspeare sont de la race primitive, deux frères, avec cette différence, je me le figure, que dans la vie commune Shakspeare, le poëte des pleurs et de l’effroi, développait volontiers une nature plus riante et plus heureuse, et que Molière, le comique réjouissant, se laissait aller à plus de mélancolie et de silence. Le génie lyrique, élégiaque, intime, personnel (je voudrais lui donner tous les noms plutôt que celui de subjectif, qui sent trop l’école) , ce génie qui est l’antagoniste-né du dramatique, se chante, se plaint, se raconte et se décrit sans cesse. ”
