Charles Guyon

Élements biographiques

Charles Guyon Histoire d'un annexé : souvenirs de 1870-1871

Je m’approchai de cette foule irritée, et je frémis en entendant l’homme s’écrier :
« Oui, c’est vrai : Bazaine a trahi, il a capitulé et les Prussiens sont dans Metz !
— C’est un espion, disaient quelques personnes, il faut l’arrêter !
— C’est un traître, écrasons-le, » disaient les autres.
Mais l’homme continuait :
« Je suis Français comme vous, et aussi affligé que vous : mais j’ai vu, moi, j’étais là, et je suis venu pour que vous preniez garde, car après Metz, c’est sur Thionville qu’ils se jetteront. »
Source : Wikisource

Charles Guyon Le franc-tireur Kolb ; L'espion… (1890)

Il a traîtreusement attaqué des soldats allemands qui étaient chez lui, et il a mis le feu à sa maison pour les brûler! Votre père est un brigand comme sont tous ces francstireurs qui, en dehors des lois de la guerre, nous assassinent sur les routes !
Mon père un brigand! Les Français qui défendent leur patrie, leurs villages, leurs familles contre vous, des brigands! s'écria Michel, pâle de colère et d'émotion ; c'est vous, qui venez brûler nos villes, piller nos maisons, dévaster notre pays, c'est vous qui êtes des brigands ! Et vous voudriez être reçus en amis, en frères!
Source : Gallica

Charles Guyon Histoire d’un annexé/Édition 1887

Nous traversâmes le village sans nous arrêter et je vins m’agenouiller près d’une humble croix, placée dans la terre encore humide.
Magdeleine me dit que ma mère était morte depuis huit jours : sa santé avait été entièrement brisée par l’abandon où elle se trouvait et par les angoisses que lui causait le manque de mes nouvelles.
Elle m’avait cru mort et elle était partie en disant :
« Je le reverrai là-haut ! »
Pourquoi donc n’étais-je pas mort comme elle ? Au moins nous serions ensemble, délivrés d’une vie qui ne pouvait plus être pour nous qu’une souffrance continuelle !
Source : Wikisource

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