Résumé

Charles Guyon Histoire d’un annexé/Édition 1887

Nous traversâmes le village sans nous arrêter et je vins m’agenouiller près d’une humble croix, placée dans la terre encore humide.
Magdeleine me dit que ma mère était morte depuis huit jours : sa santé avait été entièrement brisée par l’abandon où elle se trouvait et par les angoisses que lui causait le manque de mes nouvelles.
Elle m’avait cru mort et elle était partie en disant :
« Je le reverrai là-haut ! »
Pourquoi donc n’étais-je pas mort comme elle ? Au moins nous serions ensemble, délivrés d’une vie qui ne pouvait plus être pour nous qu’une souffrance continuelle !
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Charles Guyon Histoire d’un annexé/Édition 1887

Oh ! quelle situation douloureuse que celle d’une population enfermée dans une enceinte de fer, au milieu d’ennemis qui lui ôtent toute relation avec le reste du monde !
Non ! Vous ne pouvez vous figurer la torture morale qu’on éprouve !
Chacun se demandait ce qu’on faisait dans la France libre encore, ce que nos armées étaient devenues. On avait entendu le canon du côté de Metz ; le 31 août, toute la journée, il avait retenti, tantôt se rapprochant, tantôt s’éloignant.
Chacun s’écriait :
« C’est Bazaine qui sort, il va venir à Thionville, il va traverser les Prussiens qui cernent Metz ! »
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Charles Guyon Histoire d’un annexé/Édition 1887

Je songeais à mettre ordre à mes affaires et à quitter le pays pour tâcher de retrouver la trace de mes pauvres amis, lorsqu’un soir du mois de mars, pendant que, tristement assis devant le feu, je rêvais aux moyens de réussir dans mon dessein, quelqu’un frappa doucement à la porte.
Magdeleine dormait déjà dans sa chambre, il était tard : aussi fus-je étonné de cette visite.
J’allai ouvrir et un homme parut, enveloppé dans un long manteau et ayant un gros chapeau sur les yeux.
« Que voulez-vous ? demandai-je.
— C’est moi, Christian, ton pauvre père Frank. »
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