Résumé

Léon Pamphile LeMay Le Pèlerin de Sainte Anne/Tome I

Le muet donne un nouveau coup.
— Je vais ouvrir ! je vais ouvrir ! n’enfoncez pas !... Je n’ai pas peur !... Je suis une femme honnête !... Ma maison est paisible comme une église !...
Le muet riait de la méprise de la vieille, et, dans un coin du hangard humide, les trois hommes tremblaient en gardant un profond silence. Tout à coup une voix sonore retentit : Batiscan ! la mère, es-tu folle ? Qu’est-ce que tu chantes-là ?
— La vieille se sent rajeunir de vingt ans. Elle pousse un soupir de satisfaction, et la crainte qui l’oppressait s’envole.
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Léon Pamphile LeMay Le Pèlerin de Sainte Anne/Tome I

Le muet recule d’étonnement. Mais quand il voit une charmante petite fille s’avancer, tenant joyeusement dans ses bras un pain de sucre d’érable, il pousse ce cri particulier qui lui échappe dans les angoisses ou les joies profondes, il ouvre les bras, saisit l’enfant et la couvre de baisers. C’était la petite Marie-Louise ! c’était sa sœur ! L’enfant jette un cri. Geneviève a peur.
— Laissez-la, dit-elle, laissez-la !
Et elle s’avance vers le pèlerin comme une tigresse sur le chasseur qui lui ravit ses nourrissons. Le pèlerin la repousse tranquillement.
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Léon Pamphile LeMay Le Pèlerin de Sainte Anne/Tome I

La belle Noémie est-elle venue, comme un ange d’amour, veiller sur ton sommeil ?
— La belle Noémie ? pense le muet, qui lui a dit à ce monstre qu’elle s’appelle Noémie ?
Il n’a pas fini sa réflexion, qu’il se sent saisir et emporter par des bras vigoureux qui le déposent dans une grande charrette, et le cheval, fouetté par une lanière noueuse, part au galop. Le pauvre Joseph est balloté comme un esquif sans lest, par un raz de marée, et ses membres enchaînés sont tout meurtris quand le cheval s’arrête sur la grève, à trois quarts de lieue de distance.
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