Léon Pamphile LeMay

Résumé

Léon Pamphile LeMay Picounoc le maudit, Tome 2

Madame Gagnon s’assit près de la table et la première elle reprit la parole.
— On m’a dit, Madame, commença-t-elle, que le bon Dieu vous envoyait une nouvelle et grande épreuve.
— On vous a dit la vérité, répond Noémie, en soupirant.
— Mais en même temps, reprit la visiteuse, on m’a parlé de votre force d’âme, de votre soumission à la volonté divine, de vos vertus admirables.
— Oh ! Madame, épargnez-moi !... Je suis une femme comme une autre, et la douleur me tue...
— Je comprends ; mais enfin vous ne murmurez pas, vous n’accusez pas le ciel.
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Léon Pamphile LeMay Picounoc le maudit, Tome 2

Je vais sortir un instant, continua Victor ; il faut que je voie le père Normand.
Le vieillard cessa de manger et se retira dans un coin. Il s’apercevait bien qu’il y avait dans cette maison un air de tristesse inaccoutumée. Il n’avait pas vu un sourire sur les lèvres de ses hôtes, pas un rayon dans leurs regards, et une teinte de sérieuse mélancolie était répandue sur leurs figures douces et franches. La femme avait pleuré ; des cercles rouges entouraient ses orbites et le sang paraissait s’être répandu dans l’œil enflammé par le chagrin. L’aspect de cette douleur navrait le mendiant.
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Léon Pamphile LeMay Picounoc le maudit, Tome 2

Le labour d’automne est bon pour le blé, et puis, le temps est si souvent tardif et long, qu’il est sage de gagner du temps, dès avant l’hiver, en préparant les sillons. Son humeur se ressentait de son trouble intérieur, et ses chevaux subissaient les caprices de son humeur, il les ahurissait de ses cris, les brûlait de son fouet, et quand la charrue se heurtait à une roche il poussait des jurons formidables. À la maison, il ne se montrait guère plus honnête, et Marguerite souffrait en silence.
Un soir, le bossu arriva à la porte. Picounoc venait de dételer et se mettait à la table.
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