“ Le prêtre au Gitano, toujours attaché sur le fauteuil. Mon ami, mon fils, pardonnez-leur, le fanatisme les égare. Le Gitano. C’est ce que je vois. Ne m’en coupera-t-on qu’un ? Fasillo, d’une voix haute. Bravo ! peuple, bravo ! invente des tortures, tu seras largement payé. Juana. Le pauvre digne enfant a raison, Dieu nous récompensera de notre zèle, sainte Vierge ! Fasillo, riant. Oui, femme, Dieu ou le diable. Juana. Jésus ! quel coup d’œil ! Le peuple. Le poing, le poing du sacrilège, du maudit ! L’alcade, au peuple. Mes seigneurs, je réclame un peu de silence. D’une voix glapissante. ”
Eugène Sue
Résumé
Plik et Plok, œuvre littéraire d’Eugène Sue, plonge le lecteur dans un univers maritime troublé par des conflits moraux et des destins croisés. À travers les personnages de Kernok, Fasillo, Gitano et Zéli, l’auteur explore les thèmes de la rédemption, de la damnation et des rapports de pouvoir, souvent illustrés par des scènes dramatiques à bord de navires (tartane, brick, corvette).
Les dialogues percutants et les descriptions de combats navaux révèlent une narration intense, où les enjeux humains s’entrelacent avec les dangers de la mer. L’œuvre, marquée par des réflexions sur la vertu et la souffrance, culmine dans des moments de sacrifice et de confrontation avec le destin, comme le naufrage du San-Pablo ou les derniers instants de Gitano.
Citations de Plik et Plok (Eugène Sue)
“ — Par l’œil de saint Proco, je vous jure, mon compère, que le Gitano va débarquer à Matagorda. Ma digne tante Isabella, en revenant de l’île de Léon, a vu tous les gardes-côtes sur pied, et m’a dit qu’on avait posté deux vedettes dans le phare pour surveiller les évolutions du navire de ce damné, que l’on aperçoit au large. — Par la châsse de saint Iago, compère, le pêcheur Pablo arrive de Conil, et il vient de me répéter encore que la tartane aux voiles rouges est mouillée à une demi-portée de canon de la côte, et que tous les habits de cuir [1] sont en alerte... — On a abusé de votre crédulité, seigneur don José. ”
“ Range et largue les huniers, oriente au plus près ! brasse, brasse bâbord ! amarre les huniers ! cria encore Kernok. Et le brick, sentant la force de la brise, se mit en marche ; ses larges voiles grises se gonflèrent peu à peu, le vent circula en sifflant dans ses cordages ; déjà Pempoul, la côte de Treguier, l’île Sainte-Anne-Ros-Istan et la tour Blanche, s’effaçant peu à peu, fuyaient aux yeux des matelots, qui, groupés dans les haubans et dans les hunes, le regard fixé sur la terre, semblaient saluer la France d’un long et dernier adieu. ”
