Résumé

Portrait de Eugène Sue Eugène Sue Revue des Deux Mondes

En ce moment, la tempête était si furieuse, que le navire donna un violent coup de roulis, et presque tous les matelots roulèrent sur le pont.
— Profite de l’embellie !... criai-je à La Joie... À ma chambre !...
Mais lui, s’élançant après les haubans d’artimon, fut d’un bond sur la lisse du navire.
— Je devrais, cria-t-il aux matelots, qui se relevèrent en blasphémant ; je devrais vous laisser commettre un crime inutile, car ma mort ne peut vous sauver que si elle est volontaire... Ce n’est pas pour vous, mais pour le capitaine, car il a une mère... une mère... une mère !
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Alors le Renard ne voyant presque plus d’hommes bons pour combattre, voyant la poupe du brigantin toute brisée à coups de canon, et qui déjà proche de l’eau coulait, cria à mon père : — Antoine, le feu aux poudres, le feu aux poudres ! et à la grâce de Dieu ! Ces excommuniés ne nous auront pas vifs.
— Oh ! que cela est brave... que cela est brave ! s’écria Jean avec enthousiasme, sans remarquer la pâleur extraordinaire de maître Cornille, qui appuyait sa main sur sa poitrine, et qui put dissimuler aux yeux de Catherine une légère écume sanglante qui lui vint aux lèvres.
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Mon père ayant répondu pour lui et pour moi qu’il savait bien que nous devions mourir pour le service de Dieu et du roi, le Renard harangua l’équipage à sa mode. Or, telle était, mon petit Jean, la confiance aveugle qu’inspirait le brave Jacobsen, que nos matelots jurèrent avec des blasphèmes (que nous ne pûmes empêcher) que l’ennemi n’aurait d’eux ni os ni chair vive. Là-dessus le Renard, qui connaissait la chanson des gens de mer, fit apporter sur le pont un tonnelet d’eau-de-vie.
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