Edmond Plauchut, Rita, un Récit de voyage dans l’Atlantique
“ Quittant la rive, je me mis à monter lentement la falaise, du haut de laquelle je ne devais pas tarder à distinguer, dans la direction de l’est, la lueur blanche et vaporeuse de l’astre naissant. Il me sembla que quelques rochers, en se détachant sous mes pieds et en roulant avec fracas dans la mer, réveillaient sur une falaise voisine les chèvres d’un troupeau que j’avais souvent rencontré dans ces parages. Plusieurs fois j’avais parlé au gardien de ces chèvres, un vieil esclave de da Silva, pauvre noir qui vivait toujours là, brûlé le jour par le soleil, glacé la nuit par le brouillard. ”
