Résumé

Edmond Plauchut Rita, un Récit de voyage dans l’Atlantique

Quittant la rive, je me mis à monter lentement la falaise, du haut de laquelle je ne devais pas tarder à distinguer, dans la direction de l’est, la lueur blanche et vaporeuse de l’astre naissant. Il me sembla que quelques rochers, en se détachant sous mes pieds et en roulant avec fracas dans la mer, réveillaient sur une falaise voisine les chèvres d’un troupeau que j’avais souvent rencontré dans ces parages. Plusieurs fois j’avais parlé au gardien de ces chèvres, un vieil esclave de da Silva, pauvre noir qui vivait toujours là, brûlé le jour par le soleil, glacé la nuit par le brouillard.
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Edmond Plauchut Rita, un Récit de voyage dans l’Atlantique

Entraîné vers elle par une sympathie bien naturelle, je dus lui confesser le secret de mon séjour à Boa-Vista; sans cette confession, comment expliquer ma présence dans l’île? Elle ne vit qu’une folie dans l’attachement profond que j’avais pour Rita. Malgré son bon cœur, l’amour du prochain s’arrête en elle, comme dans le cœur de toutes les femmes créoles, aux personnes de sa condition et de sa race. Pour elle, Marianna d’Oliveira, Rita ne pouvait pas être digne d’inspirer un dévoûment et un sacrifice comme ceux que je m’imposais.
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Edmond Plauchut Rita, un Récit de voyage dans l’Atlantique

Vous le savez, je n’étais qu’un adolescent lorsque je quittai l’Europe. Ma transformation fut rapide : à peine eus-je respiré le souffle des chaudes régions où la perte du Rubens nous jetait, à peine, au lieu des blanches et froides neiges de mon pays, mes pieds eurent touché les dunes embrasées de Boa-Vista, que tout mon être devint viril; mon âme s’ouvrit à la vie, au bonheur d’aimer, comme au printemps la nature s’épanouit et répond sans réserve aux premières caresses du soleil.
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