Résumé

R. Drouin Revue des Deux Mondes

Figurez-vous les palmes les plus fraîches se développant, se recourbant sur elles-mêmes ; les dessins les plus gracieux, les plus réguliers, et dans l’ensemble le contraste le plus intelligent des couleurs et l’harmonie la plus parfaite des teintes : on dirait un de ces précieux tissus qui font la gloire de la vallée de Cachemire. Je n’avais à emporter de cette petite île que des images douces et des souvenirs touchans ; tout y semblait repos et bonheur, même le travail.
Au lever du soleil, je trouvai le capitaine de notre bateau et son équipage rassemblés au bord de la mer.
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R. Drouin Revue des Deux Mondes

Nos vivres étaient presque épuisés, l’eau manquait, et, malgré sa répugnance, notre capitaine se vit dans la nécessité d’y faire une relâche. Pour moi, je fus dans l’enchantement, car j’étais accablé de fatigue et d’ennui. Quelle pénible traversée ! Sur le pont, un soleil ardent nous dévorait ; notre seul abri était une petite case pratiquée dans le corps du bateau, et l’on y suffoquait, car elle était toujours pleine de fumée. Déjà la vue des cocotiers semblait me rafraîchir, et leurs masses jetaient sur le sable du rivage des ombres où ma pensée courait se réfugier.
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Le poisson y est d’une abondance miraculeuse. Il se promène par troupes le long des rivages, il y forme des bancs mobiles, pénètre dans les canaux et frétille dans les bassins, C’est aussi de la mer que viennent à ces îles tous les oiseaux qui peuplent leurs bois et nichent dans leurs rochers. Bien loin, sur les grèves, la mer jette sa vie et ses trésors ; on y voit une foule de coquillages qui s’enfoncent dans le sable, et des crabes de toutes les formes, de toutes les couleurs, qui grouillent, montent, descendent et tracent leurs sillons sur la plage.
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