M. Anthony Trollope

Résumé

M. Anthony Trollope Le Tour du monde

Barbados, dit-il, est une très-respectable petite île qui fait une grande quantité de sucre. Elle n’est pas pittoresquement belle, comme presque toutes les autres Antilles, et par conséquent présente peu d’attrait au voyageur. Mais cette absence même de beauté scénique l’a préservée du sort de ses voisines. Un pays qui est coupé en paysages, qui se vante de ses montagnes, de ses bois, de ses cascades, qu’on admire pour ses grâces sauvages, est rarement propice à l’agriculture. Une portion de la surface dans de tels pays défie toujours les efforts du cultivateur.
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M. Anthony Trollope Le Tour du monde

Pour les blancs la Jamaïque n’est plus ce pays de Cocagne où l’on accumulait jadis, grâce au travail servile, des richesses colossales en peu d’années : ni ducs, ni comtes ne viennent plus gouverner l’île avec grand apparat. Le gouvernement n’en est guère plus recherché que celui de la Nouvelle-Zélande ou de la Colombie anglaise : la main d’œuvre fait défaut aux planteurs ; il y a trop de montagnes, de pays pastoral dans l’île, pour que les trois cent mille noirs qui s’y trouvent aujourd’hui soient forcés de venir demander du travail dans les champs de canne.
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M. Anthony Trollope Le Tour du monde

Disons ensuite que la compétition de Cuba, du Brésil, de Porto-Rico, des États-Unis, ou l’esclavage existe encore et prend chaque jour plus d’extension, est désastreuse pour la Jamaïque. Une récolte abondante à Cuba peut, dans certaines années, abaisser le prix du sucre à un taux ruineux pour le planteur de la colonie anglaise. L’abolition de l’esclavage aux États-Unis suffirait pour rendre aux Indes occidentales leur ancienne splendeur.
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