M. Désiré Charnay

Élements biographiques

M. Désiré Charnay Le Tour du monde

Appelée d’abord île Saint-Laurent, île Dauphine, puis France orientale, on a rendu le rom de Madagascar à cette contrée presque mystérieuse vers laquelle nos regards se tournent aujourd’hui. En parcourant les relations des premiers voyageurs, on se croirait transporté dans une terre promise ; chaque village retentit des cris joyeux de ses habitants ; on ne voit partout que fêtes, jeux et danses, on n’entend que des chants d’amour. Le Malgache était libre alors ; il jouissait dans toute la plénitude de son être, de la vie facile que le Créateur lui avait faite.
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M. Désiré Charnay Le Tour du monde

À Nossi-Malaza, le cimetière occupe la pointe nord de l’île ; la sépulture des chefs est séparée de celle des simples habitants. Toutes consistent en une écorce d’arbre dans laquelle on enveloppe le corps du défunt, après quoi le tout est enfermé dans un tronc de bois dur taillé en forme de cercueil. La piété des vivants entretient devant chaque tombe des offrandes expiatoires ; c’est une assiette pleine de riz, une coupe remplie de betza-betza, des pattes de poulets ou des plumes d’oiseaux ; les Malgaches semblent donc croire à l’existence de l’âme.
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M. Désiré Charnay Le Tour du monde

Le Malgache de la côte est d’un caractère doux et timide, il est bon, fidèle et dévoué. La supériorité du blanc, qu’il reconnaît, s’impose à lui comme une chose naturelle, il ne s’en blesse point ; le vasa lui semble un maître devant lequel il est prêt à courber le front. Admirant tous nos actes pour le peu qu’il en connaît, stupéfié devant les phénomènes de notre industrie, son admiration naïve lui fait dire que si le vasa pouvait faire du sang, ce serait un Dieu véritable.
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