Résumé

Portrait de Étienne Bonnot de Condillac Étienne Bonnot de Condillac Essai sur l’origine des connaissances humaines

Ce ne sont, comme je l’ai déja dit, que des idées plus ou moins simples auxquelles nous donnons notre attention, en cessant de penser aux autres idées simples qui coexistent avec elles. Si nous cessons de penser à la substance des corps comme étant actuellement colorée et figurée, et que nous ne la considérions que comme quelque chose de mobile, de divisible, d’impénétrable, et d’une étendue indéterminée, nous aurons l’idée de la matière ; idée plus simple que celle des corps, dont elle n’est qu’une abstraction, quoiqu’il ait plû à bien des philosophes de la réaliser.
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Mais si l’on ne veut renoncer à la vaine science de ceux qui rapportent les mots à des réalités qu’ils ne connoissent pas, il est inutile de penser à donner de la précision au langage. L’arithmétique n’est démontrée dans toutes ses parties, que parce que nous avons une idée exacte de l’unité, et que par l’art avec lequel nous nous servons des signes, nous déterminons combien de fois l’unité est ajoutée à elle-même dans les nombres les plus composés. Dans d’autres sciences on veut avec des expressions vagues et obscures, raisonner sur des idées complexes, et en découvrir les rapports.
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Pour la vérité des premières, il faut que les combinaisons de notre esprit soient conformes à ce qu’on remarque dans les choses : pour la vérité des secondes, il suffit qu’au dehors les combinaisons en puissent être telles qu’elles sont dans notre esprit. La notion de la justice seroit vraie, quand même on ne trouveroit point d’action juste, parce que sa vérité consiste dans une collection d’idées, qui ne dépend point de ce qui se passe hors de nous. Celle du fer n’est vraie, qu’autant qu’elle est conforme à ce métal, parce qu’il en doit être le modèle.
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