Résumé

E. Maillet Appendice aux Mélodies irlandaises de Thomas Moore traduites en vers français par M. Henri Jousselin… (1871)

Ce fut un des plus grands honneurs de Thomas Moore qu'on l'appelait le Béranger de l'Irlande. Il n'était pas tout à fait Béranger. Il n'eût jamais trouvé sa gloire à n'écrire en ses beaux jours que des chansons! Béranger c'est la chanson, plus la rime à l'accent vulgaire, et qui s'en va remplissant toutes les âmes de ses haines, des ses amours, de ses rancunes, de son espoir. Béranger et la chanson I c'est le même homme ou c'est la même oeuvre. Il y a plusieurs hommes et plusieurs ouvrages différents dans l'auteur des Mélodies Irlandaises.
Source : Gallica

E. Maillet Appendice aux Mélodies irlandaises de Thomas Moore traduites en vers français par M. Henri Jousselin… (1871)

Thomas Moore n'avait rien de l'homme de la solitude et du désert. Aucun instinct ne le poussait du côté de ces sommets ardus où résident les voyants et les prophètes, et où l'on n'entend que les voix de la nature ; le chant du rossignol, par un doux clair de lune et dans quelque frais bosquet des environs de Londres, allait bien mieux à son caractère et à son humeur. Une romance avec accompagnement de piano ou de guitare suffisait à le mettre en joie, et je ne sais pas de moment dans sa vie où il se soit montré au-dessus de l'applaudissement et de la louange.
Source : Gallica

E. Maillet Appendice aux Mélodies irlandaises de Thomas Moore traduites en vers français par M. Henri Jousselin… (1871)

Mais le poëte, mais la poésie, qui peut les saisir, les transplanter, les faire vivre hors du sol qui les a vus naître, loin du ciel où ils ont tout puisé, forme et couleur, sentiments, images, et celte expression riche ou pauvre, rude ou sonore, que leur génie a pliée et assouplie à tous les besoins de l'inspiration ? Ici la pensée ne peut, le plus souvent, changer d'enveloppe sans grand danger; car la pensée sans les mêmes mots, le même rhythme, les mêmes consonnances, parfois, disparaît ou ne laisse voir dans la langue qui l'importe que les disjecta membra poetoe.
Source : Gallica

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