Joris-Karl Huysmans

Joris-Karl Huysmans

Résumé

Portrait de Joris-Karl Huysmans Joris-Karl Huysmans À rebours

Il en était de même de l’« Intersigne » qui avait été plus tard réuni aux Contes cruels, un recueil d’un indiscutable talent, dans lequel se trouvait « Véra », une nouvelle, que des Esseintes considérait ainsi qu’un petit chef-d’œuvre.
Ici, l’hallucination était empreinte d’une tendresse exquise ; ce n’était plus les ténébreux mirages de l’auteur américain, c’était une vision tiède et fluide, presque céleste ; c’était, dans un genre identique, le contre-pied des Béatrice et des Ligeia, ces mornes et blancs fantômes engendrés par l’inexorable cauchemar du noir opium !
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Portrait de Joris-Karl Huysmans Joris-Karl Huysmans À rebours

Des Esseintes tomba, accablé, sur une chaise. — Dans deux jours je serai à Paris ; allons, fit-il, tout est bien fini ; comme un raz de marée, les vagues de la médiocrité humaine montent jusqu’au ciel et elles vont engloutir le refuge dont j’ouvre, malgré moi, les digues. Ah ! le courage me fait défaut et le cœur me lève ! — Seigneur, prenez pitié du chrétien qui doute, de l’incrédule qui voudrait croire, du forçat de la vie qui s’embarque seul, dans la nuit, sous un firmament que n’éclairent plus les consolants fanaux du vieil espoir !
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Allez là, fit-il, au cocher, en désignant du doigt au bout d’une galerie, un magasin qui formait l’angle de la rue de Rivoli et de la rue de Castiglione et ressemblait avec ses carreaux blanchâtres, éclairés en dedans, à une gigantesque veilleuse, brûlant dans le malaise de ce brouillard, dans la misère de ce temps malade.
C’était la « Bodéga ». Des Esseintes s’égara dans une grande salle qui s’allongeait, en couloir, soutenue par des piliers de fonte, bardée, de chaque côté de ses murs, de hautes futailles posées tout debout sur des chantiers.
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