Benedicto Costa

Résumé

Benedicto Costa Le roman au Brésil (1918)

Si tous se rattachent à la même pensée artistique, comme des fruits d'une même esthétique, déjà cristallisée, déjà fixe, chacun d'eux renferme de nouveaux charmes, véritablement inédits. Et je préfère évidemment Dom Casmurro à Braz Cubas. C'est que, chez le premier, il me semble, le doute, l'ironie, la grâce, le fond amer et triste de l'àme de Machado de Assis se sont voilés d'une poésie si lointaine, si légère, si impondérable comme ces brouillards vagues et matinals de la fin des printemps européens, où le soleil tremble en des rayons pâles et fugitifs comme un rêve...
Source : Gallica

Benedicto Costa Le roman au Brésil (1918)

La philosophie de Graça Aranha, comme on l'a constaté dans ses livres, et comme je l'ai comprise, est une philosophie d'espoir, d'enivrement, devant la majesté glorieuse de la nature; c'est comme une magnifique fleur de rêve, de vie, de désir, d'aspiration au bonheur, qui se tourne sans cesse vers le sein auguste de l'éternel Pan. L'homme passe; c'est une particule agitée un moment sur la terre. Toute sa lutte a pour but de s'intégraliser dans la nature, par la religion, par l'amour, par la philosophie.
Source : Gallica

Benedicto Costa Le roman au Brésil (1918)

« L'estime qui passe le chapeau sur la tête, ne dit rien à l'âme; mais l'indifférence qui la salue, lui laisse une impression délicieuse. »
La philosophie de Machado do Assis est celle de tous les sceptiques rêveurs, celle de Renan, celle d'Anatole France, compatissante, voilée de poésie, sorte de fumée vague qui peu à peu s'élève en flocons, en spirales, jusqu'à disparaître et s'évanouir dans l'air, en l'impondérabilité d'une métaphysique de rêve ; pensées d'une hauteur presque insaisissable et dont les aspirations ne peuvent s'exprimer.
Source : Gallica

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