Benedicto Costa

Élements biographiques

Benedicto Costa Le roman au Brésil (1918)

Si tous se rattachent à la même pensée artistique, comme des fruits d'une même esthétique, déjà cristallisée, déjà fixe, chacun d'eux renferme de nouveaux charmes, véritablement inédits. Et je préfère évidemment Dom Casmurro à Braz Cubas. C'est que, chez le premier, il me semble, le doute, l'ironie, la grâce, le fond amer et triste de l'àme de Machado de Assis se sont voilés d'une poésie si lointaine, si légère, si impondérable comme ces brouillards vagues et matinals de la fin des printemps européens, où le soleil tremble en des rayons pâles et fugitifs comme un rêve...
Source : Gallica

Benedicto Costa Le roman au Brésil (1918)

La philosophie de Graça Aranha, comme on l'a constaté dans ses livres, et comme je l'ai comprise, est une philosophie d'espoir, d'enivrement, devant la majesté glorieuse de la nature; c'est comme une magnifique fleur de rêve, de vie, de désir, d'aspiration au bonheur, qui se tourne sans cesse vers le sein auguste de l'éternel Pan. L'homme passe; c'est une particule agitée un moment sur la terre. Toute sa lutte a pour but de s'intégraliser dans la nature, par la religion, par l'amour, par la philosophie.
Source : Gallica

Benedicto Costa Le roman au Brésil (1918)

En traversant l'Atlantique et se fixant au Brésil, le portugais a presque doublé son vocabulaire, acceptant et assimilant une foule de mots des Indiens et des nègres. Par le climat, par les nouveaux éléments ethniques — le nègre et l'Indien voluptueux, indolents, passionnés jusqu'au crime, jusqu'au sacrifice — la prononciation du portugais par les Brésiliens acquit, pour ainsi dire, une modulation musicale, lente, chantante, douce, langue pleine de poésie et de lanfond
lanfond tous, celui de la solitude, n'ait été signalé que dans le langage d'une seule race humaine.
Source : Gallica

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