G. de Saporta

Résumé

G. de Saporta Revue des Deux Mondes

Nous voyons d’ici l’Europe des premiers âges quaternaires envahie au nord et au centre par les glaciers, mais libre sur d’autres points, à l’ouest et au sud. Divisée en vallées ouvertes que parcourent des fleuves larges et puissans, couverte de bois et parsemée de vastes prairies, elle est peuplée d’éléphans, de rhinocéros, d’équidés et de nombreux ruminans. Elle possède aussi des bêtes féroces, moins redoutables pourtant que dans l’âge suivant; enfin, elle a des hommes qui errent à l’air libre et n’éprouvent pas encore le besoin de se réfugier au fond des cavernes.
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G. de Saporta Revue des Deux Mondes

Un pas de plus vers les temps modernes et nous rencontrerions l’homme s’introduisant au sein de la Provence, non encore desséchée ni dénudée, mais ayant de fraîches vallées aux pentes garnies de tilleuls, d’érables, de laricios, associés au chêne, à la vigne et au figuier. Dotée alors de sources plus abondantes et de rivières coulant à pleins bords, depuis singulièrement appauvrie, la Provence ne serait-elle pas en droit d’accuser directement l’homme de l’avoir dévastée, en coupant ses forêts, et d’avoir altéré son climat, en sacrifiant tout aux exigences de la culture ?
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G. de Saporta Revue des Deux Mondes

V Si l’homme conscient eût existé lors de la période des lacs, il aurait pu croire à la stabilité et au maintien définitif de l’état de choses dont la Provence lui aurait offert le spectacle. Ces cuvettes aux rives sinueuses et parfois escarpées, les hautes montagnes dont elles reflétaient les cimes, la charpente même d’une région parsemée d’accidens, comparable, par ses traits principaux, a la Suisse ou à la Haute-Italie, tout ce qu’il aurait vu aurait fait naître en lui l’idée d’un pays à l’abri de commotions physiques assez étendues et assez fortes pour en bouleverser l’économie.
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