M. Paul Marcoy

Résumé

M. Paul Marcoy Le Tour du monde

Nous ouvrîmes toutes grandes nos deux oreilles. La cloche cessa de tinter, et un chœur de voix étranges s’éleva dans le silence de la nuit. Dans le nocturne chanté à pleins poumons par ces voix inconnues, nous ne tardâmes pas à reconnaître un cantique à l’usage des Quecheus de la Sierra. Comme nous nous communiquions nos impressions diverses au sujet de ce chant pieux et inattendu, un brouhaha de cris féroces et d’appels discordants succéda à la mélopée liturgique. Le bruit, de plus en plus distinct, paraissait sortir des massifs de verdure qui nous cachaient la petite rivière de Sarayacu.
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M. Paul Marcoy Le Tour du monde

La contrée qui sépare l’épicerie d’Uchu de l’hacienda de Tian-Tian, où nous arrivâmes entre onze heures et midi offre comme les vallées limitrophes de Lares et de Santa-Ana sous le même parallèle, des espaces arides alternant avec des sites plantureux qui rappellent le dualisme de l’art classique et de l’art romantique. Ici c’est la pierre et la sécheresse qui dominent ; là, c’est la végétation, l’ombre et la fraîcheur. Cette opposition constante, que sur la loi de nos lignes on pourrait croire réjouissante à l’œil et divertissante à l’esprit, finit à la longue par fatiguer horriblement.
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M. Paul Marcoy Le Tour du monde

À une demi-lieue de Sibucuni, il n’avait guère plus de douze mètres. Là la double muraille s’affaissa brusquement.
Une digue d’écume, couronnée d’un léger brouillard qui vint barrer le lit de la rivière, nous signala l’approche du danger. Les yeux des sauvages étincelèrent. Ceux qui ramaient se courbèrent sur leur pagaye comme des jaguars prêts à s’élancer ; ceux qui gouvernaient se levèrent à demi, les narines gonflées, les cheveux au vent, assurant contre les flancs de la pirogue la rame qui leur servait de gouvernail.
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