Résumé

François Pierre Voyage d'exploration d'un missionaire dominicain chez les tribus sauvages de l'Equateur (1889)

Regardez Palate, votre fidèle Palate ; voyez cette figure sinistre, cet air faux et menaçint ! L'infortuné n'est plus maître de lui, il a bu toute la nuit, c'est leur coutume à eux avant d'entreprendre une expédition quelconque. Cela ne vous effraye pas ?
— Non, Père, cela ne m'effraye pas ! J'irai à Banos, coûte que coûte, advienne que pourra. Cette troisième étape de mon voyage est trop importante pour qu'aucune considération puisse m'en détourner. Dieu veillera sur moi comme il l'a fait jusqu'ici ; la Vierge de Canélos adoucira peu à peu l'humeur farouche de mes Indiens.
Source : Gallica

François Pierre Voyage d'exploration d'un missionaire dominicain chez les tribus sauvages de l'Equateur (1889)

« Père, où sont les Indiens, où est le village? » — « Mais vous savez bien qu'il n'y en a pas! » —Non, certes, je ne le savais pas! C'est qu'en effet, lecteur, Archidona, comme Canélos, comme tous les prétendus villages, dont on peut lire les noms en grosses italiques sur une carte de l'Equateur, Archidona est un village sans habitants. Cela étonne; n'importe, il faut en prendre son parti : cela est ainsi ! L'Indien vit solitaire dans la forêt; il vit à deux, trois, huit ou même quinze jours de l'église, qui sert de centre de ralliement.
Source : Gallica

François Pierre Voyage d'exploration d'un missionaire dominicain chez les tribus sauvages de l'Equateur (1889)

A Canélos, comme dans le Paradis terrestre, midi est l'heure de la brise! Chaque jour, en effet, à midi précis, un vent frais souffle de l'est à l'ouest, court en frémissant à travers les feuillages endormis et rafraîchit l'atmosphère qu'une température de 30 à 40 degrés avait surchauffée et portée à l'état de fournaise.
Donc, comme tous ses congénères, notre Marcellin ne sait pas son âge. Il est né le même jour que le grand palmier du Père blanc, cela lui suffit; chaque floraison de l'arbre géant l'a fait monter d'un cran, d'un échelon sur l'escabeau invisible qui porte nos années.
Source : Gallica

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