Marguerite Burnat-Provins

Élements biographiques

Portrait de Marguerite Burnat-Provins Marguerite Burnat-Provins Le Livre pour toi

Quand me sera-t-elle rendue, la coupe vivante de ta bouche, la coupe aux contours enrichis de ton sang, où je buvais ton âme aussi douce que l’eau ?
J’ai froid et c’est la nuit... Ma vie où es-tu ?
Quelle heure me donnera ta chair brûlante et le clair foyer de ton cœur, pour tendre mes mains à la flamme ?
Où sont les lampes de tes yeux, les lampes nacrées comme la lune suspendue sur notre été d’amour ?
Tout cela est loin, si loin.
Et le vent souffle et c’est l’hiver.
XCVIII
La nuit.
Source : Wikisource

Portrait de Marguerite Burnat-Provins Marguerite Burnat-Provins La fenêtre ouverte sur la vallée… (1912)

« Sans souffrance, la coquille glissera de son ignorance à la mort et qui songera jamais qu'elle est morte ?
« Mais l'oiseau traverse l'horizon de l'homme et le force à lever la tête pour écouter son cri.
« Non pas le chant qui se balance aux ramures flexibles, ornements des balcons protecteurs de la paresse, j'ai dit : le cri.
« Que ta main se réchauffe et ton cœur. S'il ne demeure, dans ta poitrine, qu'un seul cri, il faut vivre pour le jeter comme l'oiseau aux larges ailes, au milieu du ciel. »
Source : Gallica

Portrait de Marguerite Burnat-Provins Marguerite Burnat-Provins Le Livre pour toi

Le soleil montrait un œil blanc à travers un nuage gris, les corbeaux criaient et la ruine était lugubre, telle qu’un grand sépulcre. J’ai songé : Tout doit être triste aussi dans le cœur qui n’a point d’amour.
Moi, je porte en mon sein joyeux un beau jardin tout parfumé que l’été ne peut brûler, que l’automne ne peut flétrir, que l’hiver ne peut geler.
L’astre brillant qui le fait vivre, c’est le regard de mon amant, plus doux que la douce pervenche ; sa bouche y fleurit comme le pavot pourpre et la clarté de son front répand la joie dans mes parterres.
Source : Wikisource

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