Résumé

Portrait de Francis Jammes Francis Jammes Clairières dans le ciel

L’homme est un grain de blé mis sur terre par Dieu,
et, s’il germe ici-bas, c’est pour gagner les Cieux.
Ils causaient et, debout, dans l’ardeur bleue solaire
la Croix dont deux bras sont au ciel, l’autre est sur terre,
protégeait le sommeil d’une déshéritée.
Elle était là, béate, et ses bardes bâillaient
mettant sa chair à nu comme d’un grain de blé
dont l’écorce travaille et qui veut éclater.
Le poète dit au cantonnier : Cette femme
est bien le grain de blé que travaille son âme.
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Portrait de Francis Jammes Francis Jammes Clairières dans le ciel

Pour casser les cailloux l’ouvrier est à genoux
dans l’ombre de ce Christ dont le flanc est vermeil.
Et tout le miel alors chante dans le soleil.
Le poète contemple et médite. Il se dit,
devant le lent frisson des champs, que chaque épi
est du peuple de Dieu la sage colonie
dont chaque grain attend, pour être vivifié,
que des grottes du Ciel l’eau se soit élancée.
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Portrait de Francis Jammes Francis Jammes Clairières dans le ciel

« L’âme est triste jusqu’à la mort. » Et on supplie,
on s’obstine. Mais Dieu comme un mur de cachot
demeure sourd, et l’on flotte dans le chaos.
Et le cœur se dissout dans l’âme ainsi troublée.
Alors, tenant ainsi qu’une poignée de blé
son chapelet, ces grains de l’humilité sombre,
le poète le sème aux divins champs de l’ombre
où germe la moisson de toutes les prières.
Il sent confusément qu’une grande Lumière
lui est cachée par son corps dont il ne peut sortir.
Pour briser la cloison, et voir, il faut mourir.
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