Louis de Robert

Louis de Robert

Résumé

Portrait de Louis de Robert Louis de Robert Le roman du malade (1911)

Le temps s’écoule, et ce cœur qui bat toujours comme un marteau de forge !... J’ai parlé ; il le fallait ! Je respire mieux. Je ne pouvais plus ruser, plus feindre. Je la veux à moi avec tous les périls que comporte ma folie. Quand je l’aurai, je saurai bien la garder... Mon bonheur, si court qu’il soit, durera bien autant que moi-même. Je suis sourd à la raison. Je m’exalte. Elle sera là ; je l’imagine étendue à mon côté, défaite, lasse, épuisée ; ainsi elle arrivera à me ressembler ; mais, elle, c’est l’excès du plaisir et de la volupté qui mettra sur sa pâleur l’image de la mort...
Source : Gutenberg

Portrait de Louis de Robert Louis de Robert Le roman du malade (1911)

Moi, dressé sur mon lit, les cheveux et les traits en désordre, plein de fureur, hors de moi ; lui correct, fleurant l’eau de Cologne, bien peigné, ses manchettes dépassant la manche d’un centimètre, nous nous défions. Javotte s’est levée.
— Vous n’allez pas vous battre pour moi. Ah ! je n’en vaux pas la peine !...
Nous nous taisons un instant : Paul s’est reculé vers la porte contre laquelle il s’appuie, très pâle, sans me regarder. Il est plus que pâle, il est livide. D’une main crispée, il contient son cœur délicat. Je sais qu’il suffit parfois d’une émotion trop vive pour qu’il étouffe.
Source : Gutenberg

Portrait de Louis de Robert Louis de Robert Le roman du malade (1911)

Je me disais : « Il faut quelques jours pour que l’air s’attiédisse, pour que je m’adapte. » Je me mouvais avec une sorte de lenteur accablée. J’évoquais notre chalet de là-bas, le silence, l’odeur de thé de cette petite salle à manger, le tic tac de la vieille horloge qui est dans l’escalier. En tournant un peu la tête, il me semblait revoir, accrochées au mur, deux natures mortes naïvement peintes que Paul trouvait « touchantes » ; en prêtant l’oreille, il me semblait entendre le feu qui respire, la petite voix de la lampe et le pas d’Olive qui fait tinter les verres sur la table.
Source : Gutenberg

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