Résumé

Paris sous Napoléon III. Mémoires d'un homme du monde de 1857 à 1870 par le Comte Arthur de… (1879)

Elle eût sans doute épargné à l'Empire les désastres de Sedan et de Metz; mais elle l'eût exposé à tomber devant un mouvement révolutionnaire! Le peuple ne voulait pas que l'Empire fût armé et il ne lui aurait pas pardonné de se laisser amoindrir par l'étranger.
La situation était si grave, que l'empereur prorogea le Corps législatif, en annonçant des réformes libérales qui seraient discutées à la réouverture des Chambres. C'était un nouvel aveu d'impuissance; et cependant, jamais l'Empire n'avait eu besoin de plus de force, car tout le monde pressentait une guerre prochaine avec l'Allemagne.
Source : Gallica

Paris sous Napoléon III. Mémoires d'un homme du monde de 1857 à 1870 par le Comte Arthur de… (1879)

L'empereur, si calme d'ordinaire, était débordé par les événements et l'opinion publique. Il avait voulu donner des libertés ; elles tournaient contre lui. L'opposition qui l'avait désarmé le poussait à la guerre. Bismark, connaissant notre situation, nous tendait un piége où nous sommes tombés. Ce piége était la candidature du prince de Hohenzollern au trône d'Espagne. Ce n'était qu'un fantôme, car le candidat n'était même pas accepté par l'Espagne. Mais l'eût-il été, que, souverain très-impopulaire, il n'eût jamais pu engager l'Espagne dans une guerre contre la France.
Source : Gallica

Paris sous Napoléon III. Mémoires d'un homme du monde de 1857 à 1870 par le Comte Arthur de… (1879)

On dit tout cela, mais on y court, on y vole, et le succès de ce scandale dont on médit est assuré par ceux-là mêmes qui devraient s'abstenir d'y prendre part. C'est l'éternelle histoire de notre esprit frondeur. C'est très-amusant, quand le pouvoir est fort, quand la société est bien assise! On peut rire à son aise de toutes ces vilaines choses qui sont alors sans danger. Mais aujourd'hui, quand tout est en question, la morale, la religion, les moeurs, les principes, la société elle-même, ce rire badin et complaisant est une complicité coupable contre laquelle on ne saurait trop réagir.
Source : Gallica

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