Résumé

Portrait de Junius Junius Lettres tartares, correspondance secrète d'un ambassadeur pour servir à l'histoire du Second Empire (1871)

Le chef du ministère arrive tout essoufflé.
— Eh ! bien, mon brave et fidèle Emile, quelles nouvelles m'apportez-vous? lui demande sa Majesté.
— D'excellentes, sire, répond l'honorable ministre.
— Serait-ce, Dieu ! possible?
— Oui, Majesté, continue le chef du Cabinet. La France est dans l'enthousiasme...
— Cela m'étonne, interrompt l'empereur. Depuis près de vingt ans que je la gouverne, je n'ai jamais pu la mettre que dans la misère !
— Je ne sais, Majesté. Toujours est-il que je ne puis plus faire un pas sans entendre crier : Vive l'empereur! Vive la guerre ! A bas Bismarck !
Source : Gallica

Portrait de Junius Junius Lettres tartares, correspondance secrète d'un ambassadeur pour servir à l'histoire du Second Empire (1871)

Ton coeur ne bat donc plus? Le nom de Napoléon III ne te rappelle donc plus rien?... Quelle déplorable inconstance ! Quelle odieuse injustice, Sire ! A toi donc l'ignominie, monstre d'ingratitude ! Honte à vous tous, républicains, qui croyez sauver la France par la République et qui la déshonorez ! Gloire à toi, ô sublime souverain , qui payes peut-être maintenant de l'exil ton excès de patriotisme !
Tes malheurs ne font que te grandir à mes yeux. Plus je considère les crimes dont on t'accuse, plus j'admire ton héroïsme. Les injustices de ton peuple me remplissent l'âme de douleur.
Source : Gallica

Portrait de Junius Junius Lettres tartares, correspondance secrète d'un ambassadeur pour servir à l'histoire du Second Empire (1871)

Voilà un homme qui, pour se conformer aux nouveaux progrès de la politique européenne, a entrepris la plus horrible, mais aussi la plus glorieuse des guerres, — et on lui en fait un crime ! Voilà un homme qui a préféré se livrer à ses ennemis, pensant qu'en essayant de se faire une trouée avec son armée il exposerait sa vie, c'est-à-dire sa patrie, à des malheurs certains,— et on l'accuse de lâcheté! Voilà un homme qui poussa la grandeur d'âme et l'amour de son pays jusqu'à aller lui-même déposer son épée aux pieds du roi Guillaume, — et au lieu d'admirer son courage, on l'accuse de trahison !
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature