Margaï

Définition et enjeux

Portrait de Ernest Daudet Ernest Daudet La Vénus de Gordes (10e édition… (1879)

Furbice repoussait du pied ces cadavres qui le séparaient de Margaï. Il la rejoignait et la pressait sur sa mâle poitrine.
La beauté de Margaï prit aussi vers cette époque un caractère plus sombre. Autour de ses yeux, abîmes voilés et profonds, qui ne laissaient rien échapper des noirceurs de son âme, un léger cercle bistré se dessina. Les préoccupations dont elle était sans cesse assiégée se traduisirent sur son visage, où jamais on ne
vit plus ni le rire, ni les larmes, car elle apprit rapidement à concentrer toutes ses émotions, les plus légères comme les plus vives.
Source : Gallica

Portrait de Ernest Daudet Ernest Daudet La Vénus de Gordes (10e édition… (1879)

Imite-moi, Margaï.
— Voilà qu'elle te tutoie, fit observer Pascoul en riant.
Margaï écoutait ce flot de paroles, prête à l'arrêter, si la Valbray allait trop loin.
— Ça ne sert à rien d'avoir du cœur. Plus on en a, plus on souffre. Lorsqu'on possède la beauté, la vertu est inutile. Les hommes, c'est pour nous servir de souffre-douleurs. Retiens bien tout cela, Margaï.
— Jolis principes! murmura Frédéric.
Quant à Moulinet, assis en face de la Valbray, il l'écoutait avec une attention singulière et suivait du regard tous ses mouvements.
Source : Gallica

Portrait de Ernest Daudet Ernest Daudet La Vénus de Gordes (10e édition… (1879)

Il y avait dans ce repos d'un homme honnête et heureux une sérénité qui en imposait. Mais Margaï ne se laissa pas attendrir par ce spectacle. Elle approcha la lampe des yeux de son mari et la tint là, un moment, afin de voir si son sommeil était bien profond. Plusieurs fois la lumière passa sur le visage de Pascoul. Il ne remua pas. Alors Margaï, s'emparant d'un large coussin jeté à l'extrémité du lit, le tendit à Furbice, en prononçant, d'une voix mélodieuse, ces simples mots :
— Toi qui es fort, étouffe-le.
Source : Gallica

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