Marguerite Audoux,
Marie-Claire
“ Souvent deux pieds se posaient de chaque côté de mon petit banc et je me trouvais étroitement enclavée entre deux jambes nerveuses et chaudes. Une main tâtonnante m’appuyait la tête sur les jupes entre les genoux, et sous cette main douce, et sur cet oreiller chaud, je m’endormais. Quand je m’éveillais, l’oreiller se transformait en table. La même main y déposait des débris de gâteaux, de menus morceaux de sucre, et quelques bonbons. Autour de moi, j’entendais vivre le monde. Une voix pleurait : — Non, ma Sœur, ce n’est pas moi. Des voix criardes disaient : — Si, ma Sœur, c’est elle. ”
