Cécile Beauregard,
Contes d’hier
“ La neige s’était posée partout : elle avait coiffé comme des vieilles, les maisons aux toits pointus : les pieux des clôtures s’en étaient fait un bérêt ; elle avait l’air d’un peu d’ouate le long des branches maigres des arbres ; sur les haies de broussailles, elle s’étalait, éblouissante, comme les draps que les ménagères y étendent, l’été. Annette voyait tout cela, elle entendait les grelots clairs qui sonnaient gaiement, mais ses pensées restaient tristes. Elle songeait au bon petit Armand qu’elle n’avait pu voir au départ, à son père, à sa grand’mère, à sa tante qui avait dit « non ». ”
