J. Barbey d'Aurevilly, Les diaboliques
“ Nulle larme ne jaillit de mes yeux. Je restai muette et rigide, dans un état sans nom d’horreur, d’où je ne sortis que par un déchirement de tout mon être. Je sentis qu’on m’ouvrait la poitrine et qu’on m’en arrachait le cœur. Hélas ! ce n’était pas à moi qu’on l’arrachait : c’était à Esteban, à ce cadavre d’Esteban qui gisait à mes pieds, étranglé, la poitrine fendue, fouillée, comme un sac, par les mains de ces monstres ! J’avais ressenti, tant j’étais par l’amour devenue lui, ce qu’aurait senti Esteban s’il avait été vivant. ”
