Marie Maréchal

Résumé

Marie Maréchal L'Hôtel Woronzoff (1877)

Mais l'orage grondait au fond de son cœur, et, quand sa voiture dépassa Bérangère, qui cheminait sous la pluie, le long de la rue boueuse, elle vit avec une joie triomphante qu'elle avait éclaboussé sa rivale.
« Dimitri, » dit le comte en rentrant chez lui, « tu t'arrangeras de façon à ce que la princesse Schersky ne me trouve jamais chez moi. »
Dimitri fit une profonde inclination de tête.
Ses petits yeux verts pétillaient de satisfaction et de malice.
« Et de deux, » dit-il avec un rire muet, lorsqu'il rentra dans la petite pièce qui lui
servait de retraite, à lui et à ses chinchillas.
Source : Gallica

Marie Maréchal L'Hôtel Woronzoff (1877)

Serait-ce par hasard une seconde habitation pour maître Minos? Ce chien aristocratique, si fier sous son collier d'argent ciselé, aurait-il, comme un grand seigneur, maison de ville et de campagne?
C'est une maison roulante, en tout cas. Voilà de jolies roues bleu foncé que Stanie découvre, et, à mesure que tombent le papier d'emballage et la toile cirée, une petite calèche d'enfant, précisément ce qu'il faut pour la taille de Stanie, apparaît aux regards charmés de l'heureuse petite malade.
« Le chien est habitué à trainer cette voiture, mademoiselle, » dit Dimitri à Bérangère
stupéfaite.
Source : Gallica

Marie Maréchal L'Hôtel Woronzoff (1877)

« Comment vous exprimer ma reconnaissance, monsieur le comte?
— En ne m'en parlant pas, mademoiselle.
Parmi toutes les choses qui me sont odieuses, les remerciments viennent en première ligne.
Vous êtes jeune, vous; cette façon de penser vous parait cynique, mais quand vous aurez vécu quelques années de plus, en apprenant à connaître le monde, vous apprendrez aussi à connaître l'ingratitude. »
Les larmes jaillirent des yeux de Bérangère.
« Oh! je ne parle pas pour vous, » repritil d'un ton moitié sérieux, moitié ironique.
« Vous êtes l'exception, ne le savez-vous pas? »
Source : Gallica

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