Résumé

Lucien Perey Histoire d’une grande dame au XVIIIe siècle… (1888)

LA COMTESSE HÉLÈNE AU COMTE VINCENT
« Ce mercredi, 11 heures du matin.
» Encore quelques jours ! est-ce quelques jours pour ton départ ou pour ton arrivée ? Tu trouves mes lettres plus froides. Ah ! mon cher Vincent, serait-ce ton cœur qui ne te ferait plus trouver le même plaisir à lire mes lettres ? Lequel des deux est changé ? Tout ce que je sais, c’est que jamais je ne t’ai aimé avec plus d’ardeur que je t’aime. Rien au monde ne m’occupe que toi, il me semble que tout m’est indifférent dans le monde hors toi et ce qui te concerne.
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Lucien Perey Histoire d’une grande dame au XVIIIe siècle… (1888)

L’impératrice, gracieuse et bien mise, ayant la représentation voulue pour sa place, était dans la travée, mais celle que j’ai regardée, c’est la mère de l’empereur. La voilà, la plus heureuse d’entre toutes les femmes, voilà celle à qui aucun revers ne peut enlever, aucune puissance ne peut ôter la gloire d’avoir fait naître l’homme le plus extraordinaire que la suite des siècles ait produit. Qu’elle doit être fière ! un peuple immense courbé devant son fils, les voûtes retentissant d’acclamations, c’est le plus beau rôle de femme qu’il y ait au monde !
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Lucien Perey Histoire d’une grande dame au XVIIIe siècle… (1888)

Tel fut le récit qu’Hélène écouta atterrée. Pendant que son mari parlait, les idées les plus sinistres se croisaient en désordre dans sa tête. Son mariage déclaré illégal, les accusations de son oncle contre son mari peut-être fondées, l’avenir d’Alexis compromis, toutes ces pensées lui perçaient le cœur comme une lame d’acier. Sans proférer une parole, elle regarda le comte avec une expression si désolée qu’il ne put se méprendre sur ce qui se passait dans son esprit. Il la pressa tendrement dans ses bras, il lui jura avec l’accent de la vérité que jamais rien ne les pourrait séparer.
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