Édouard Gourdon

Résumé

Édouard Gourdon Paris la nuit : silhouettes (1842)

Je le suivis jusqu'au troisième étage; nous traversâmes une antichambre, puis un salon, et enfin nous pénétrâmes dans un petit boudoir meublé avec richesse mais en désordre.
Un grand feu brillait dans une cheminée à la prussienne près de laquelle une femme, nonchalamment étendue sur une chaise longue, le front posé sur une de ses mains, paraissait réfléchir. Cette femme était belle, mais tout en elle et dans ce qui l'entourait trahissait le manque de tact et de distinction. Sa robe, trop décolletée, laissait
à nu des beautés que la femme du monde sait tenir secrètes
Source : Gallica

Édouard Gourdon Paris la nuit : silhouettes (1842)

Tenez, tenez, jetez les yeux dans ce bouge tapissé de livres obscènes; entrons si vous ne craignez pas l'asphyxie ; il y a une grande étude à faire ici. Je pleurais tout à l'heure sur les destinées du Palais-Royal, quelle ignorance ! Ecoutez et ne rougissez pas, si c'est possible : cet homme a gagné deux cent mille francs en vendant les livres que vous voyez et bien d'autres encore que vous ne voyez pas. Le célèbre poète qui ne fut pas même académicien est bien innocent à côté de ses voisins de bibliothèque ; vous allez en juger par vous-même.
Source : Gallica

Édouard Gourdon Paris la nuit : silhouettes (1842)

Alors commença pour le poëte une existence toute nouvelle. Quelques lettres de recommandation lui ouvrirent les salons à la mode. Grâce à la protection qui s'étendait sur lui, on le reçut partout avec bienveillance. Il connut cette fièvre brûlante qui naît dans un boudoir parfumé, aux applaudissements d'une société d'élite, fouette le sang dans le cœur, et fait descendre des songes d'or sur une couche où la misère veille sans cesse. Il vit les grands hommes de l'époque
Source : Gallica

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