Résumé

E. Dentu : 1830-1884 (1884)

Édouard Dentu, pour la plupart des écrivains, n'était pas un éditeur, mais un ami à toute épreuve, le confident des heures difficiles, le sauveteur obligatoire.
Chez les anciens, l'amitié jouait un grand rôle dans les poèmes épiques. N'était-ce pas un mariage de dévouement, un contrat d'intérêt mutuel, une prime d'assurance contre les risques de guerre et de mer?
Aujourd'hui l'amitié a changé de nom et de but : elle se réduit à une simple camaraderie de cercle, de café ou d'atelier. Un ami a le droit de vous dénigrer plus sévèrement qu'un indifférent.
Source : Gallica

E. Dentu : 1830-1884 (1884)

Quel immense nécrologe ce serait que le catalogue de la maison Dentu depuis les trente-cinq ans qu'il était à sa tête ! Quel fouillis de noms obscurs et de titres inconnus ! C'est quelque chose comme la grande fosse commune de la littérature. On ne se figure pas la nullité prodigieuse, le néant absolu, néant de style et néant d'idées, - de la plupart de ces romans, bâclés à la grosse par des manœuvres de lettres et faits pour être feuilletés un quart d'heure par quelque désœuvré, puis jetés sans un souvenir et sans un regret.
Source : Gallica

E. Dentu : 1830-1884 (1884)

Pour mieux fraterniser avec ses auteurs, il avait fondé un dîner mensuel qu'on appelait le dîner Dentu.
Rien d'amusant comme ce dîner-là. On y était en famille ; quand il n'y avait pas de quoi manger ce qui était fort rare on plumait les confrères absents on s'amusait à casser du sucre sur leur dos, et Dentu souriait de ce sourire moitié gouailleur, moitié sceptique qu'il ne quitta qu'avec la vie. C'est fini de rire et de banqueter maintenant. Adieu le dîner Dentu. La mort vient de desservir la table !
Source : Gallica

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