Résumé

Henry Mustière La nouvelle Franciade, ou Le pou bolchevik… (1921)

L'Œdipe du Café des Colonnes.
Ruisselant à longs flots de son pâle visage Péniblement défait,
La sueur, attestait, selon l'antique usage, L'effort qu'il avait fait.
Au fond, quoi qu'il en dît, sa figure altérée
Et son air décrépit,
Des ultimes recoins de son âme ulcérée Cachaient mal le dépit.
Lui ! Parmi les penseurs, ô sanglante ironie !
Lui le plus ultra nec,
Pour la première fois sa verve et son génie Étaient mis en échec !
Lui que l'on admirait de la gare d'Asnière Jusqu'au pays papou,
Il se voyait battu de la pire manière,
Et par qui ? Par un pou !
Source : Gallica

Henry Mustière La nouvelle Franciade, ou Le pou bolchevik… (1921)

S'assied dans un fauteuil après avoir tourné Le remontoir, la bouche au niveau du cornet,
Saisit son manuscrit, et regardant la glace,
Va presser le déclic. Soudain son corps se glace,
Sa main tremble, son teint pâlit. Ventre Saint-Gris !
Ne vient-il pas de voir un tout petit point gris De la grosseur d'un grain de sable, (... Est-ce un mirage ?) Marcher sournoisement au front de son image ? L'espace d'un éclair et le voilà debout Tout contre le cristal. Serait-ce ?... Horreur ! Un pou !
Un pou sur lui ? Fi donc ! Sur lui ? Quelle impudence ! Quel manque de respect !
Source : Gallica

Henry Mustière La nouvelle Franciade, ou Le pou bolchevik… (1921)

Et je n'ai pas la moindre envie D'aller recommencer la vie Par moi menée en Moscovie, Dans la misère et les combats.
O France ! dont le nom m'enivre Ainsi qu'un généreux nectar, C'est sur ton sol que je veux vivre Et lorsque j'y mourrai, plus tard, Je veux que sur ma tombe on grave Ces mots : Ci-gît Toto, pou slave, Réputé pour son esprit grave De Pétrograd à Buzançais 3.
1. Ce pou est épatant : il y a deux jours qu'il est à Paris et il connaît déjà toutes les subtilités de notre langue.
Source : Gallica

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