J. Barbey d'Aurevilly

Résumé

J. Barbey d'Aurevilly L'ensorcelée

Vère! un mort fou! Est-ce que les morts peuvent devenir fous jamais? Ch'était pus qu'horrible! J' m'attendais à voir le démon sortir de dessous l'autel, se jeter sur lui et le remporter! Les dernières fois qu'il se retourna, il avait des larmes, de grosses larmes qui ressemblaient à du plomb fondu, le long de son visage. Il pleurait, ah! mais il pleurait comme s'il avait été vivant! C'est Dieu qui le punit, me dis-je, et quelle punition!... Et les mauvaises pensées me revinrent; vous savez toutes ces affreusetés qu'on avait traînées sur la renommée de ce prêtre et de Jeanne le Hardouey.
Source : Gutenberg

J. Barbey d'Aurevilly L'ensorcelée

Clouée sur l'escabeau où elle s'était assise, elle ne put pas même, elle, Jeanne la forte, relever ses paupières, lourdes comme d'un plomb mortel, vers la Clotte, qui ne parlait plus.
Maître Louis Tainnebouy, qui n'était pas un moraliste et qui regardait plus au poil de ses bœufs qu'à l'âme humaine, m'avait peint d'un mot rude et terrible, dans son patois de mots et d'idées, ce que je cherche à exprimer avec des nuances.
—Les femmes se perdent avec des histoires! me dit-il. La vieille sorcière de la Clotte avait écopi sur maîtresse le Hardouey le venin de ses radoteries.
Source : Gutenberg

J. Barbey d'Aurevilly L'ensorcelée

Il n'a jamais peut-être aimé que sa cause, et sa cause n'est point dans tes bras! Ah! s'il pouvait écraser tout ce qu'il y a de Bleus sous ton matelas, peut-être s'y coucherait-il avec toi. Oui! même au sortir de la messe, la bouche teinte du sang de son Dieu qui le condamnerait! Mais, à toi seule, tu n'as à lui offrir qu'un cœur qu'il dédaigne dans sa pensée de prêtre, comme une proie destinée aux vers du cercueil.
—Et si tu te trompais, la Clotte? fit Jeanne en se levant impétueusement de son escabeau.
Source : Gutenberg

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