J. Barbey d'Aurevilly

Résumé

J. Barbey d'Aurevilly Le Chevalier des Touches

«Tu aimes diablement la plaisanterie pour que je te donne le plaisir de te croire, l'abbé?—dit le baron de Fierdrap, quand l'abbé revint à la cheminée et se planta, les mollets et le dos au feu, devant le fauteuil qui lui tendait les bras.
—Était-ce vraiment le Père Gardien?...—reprit mademoiselle Sainte toute transie; car elle cuisait de curiosité et se sentait pourtant le froid d'un glaçon dans les épaules.
—Non!» répondit l'abbé, qui s'arrêta, l'œil sur les feuilles du parquet ciré et miroitant, comme s'arrête un homme qui médite ce qu'il va dire et qui hésite avant de le risquer.
Source : Gutenberg

J. Barbey d'Aurevilly Le Chevalier des Touches

Mais, mon pauvre Fierdrap, cette vieille fille, comme tu dis, eût-elle l'âge des carpes que tu pêches dans les étangs du Quesnoy, et elle est encore loin de cet âge et du nôtre, cette vieille fille, c'est mademoiselle Aimée de Spens, une perle, vois-tu? qui ne se trouve pas dans la vase où tu prends tes anguilles! une espèce de femme rare comme un dauphin, et à laquelle un vide-rivière de cormoran comme toi n'est pas troussé pour rien comprendre, pas plus qu'à ce terrible coup de filet autour du cœur, qu'on appelle un amour fidèle!
Source : Gutenberg

J. Barbey d'Aurevilly Le Chevalier des Touches

M. Jacques avait vu tout cela. C'était un homme, après tout, que ce mélancolique! Le jour baissait. Il attendit, caché par la multitude, qu'il fût tombé un peu d'ombre... Les fouets claquaient toujours au fond de la place. Il prit son temps, et il eut le sang-froid et l'audace de faire, sous le ventre de ces chevaux frémissants et devenus presque sauvages, ce qu'il avait fait sous les pieds des hommes dans la foule. Il se coula entre la muraille et les Bleus. Il ne pouvait pas douter, lui, que Vinel-Aunis ne fût dans la prison...
Source : Gutenberg

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