“ LE CHOUAN. Eh bien, viens donc un peu ici la débrocher de ma baïonnette, ta méchante poule de deux sous ! tâche ! LA FEMME, aux paysans. Vous n’avez point de cœur si vous laissez malmener comme ça le monde de votre endroit ! UN PAYSAN. Oui ! Il faut qu’on nous rende ce qui est à nous. Ces gueux-là m’ont volé mes deux moutons, à moi ! UN DES CHOUANS. Ça n’est pas nous, mais ça ne fait rien, on répond les uns pour les autres. Tout ce que le chouan trouve est à lui. Tenez-vous tranquilles, les amis ! C’est nous qui défendons le pays, nous avons droit à tout ce que vous avez. ”
Chouans
Définition et enjeux
Les Chouans désignent des insurgés royalistes actifs durant la Révolution française, principalement en Bretagne et en Vendée. Ce mouvement, souvent perçu comme une résistance à la République, a été abordé par plusieurs auteurs. George Sand en dépeint les combats comme des luttes pour la terre, tandis que Jean Drault met en scène leur fidélité à la monarchie.
Édouard Gorges et Pierre Larousse soulignent leur structure militaire et leur rôle dans la guerre de Vendée. Ces visions diversifiées révèlent une complexité historique et sociale, où les Chouans apparaissent à la fois comme des défenseurs de la tradition et des acteurs d’une guerre de libération.
Citations sur “Chouans”
Jean Drault,
Jean Cottereau, dit Jean Chouan
(1927)
“ Jean Chouan se jette contre terre, colle son oreille au sol et s'écrie, ému : Le tonnerre ? Non ! non ! C'est le canon ! Le canon de la Vendée. L'armée catholique arrive ! Vite, mes amis, demi-tour ! En marche sur Laval. C'est là que nous avons à faire désormais ! M. le prince de Talmont nous attend là !... La grande guerre commence ! La marche des Vendéens sur Laval, c'est la marche sur Paris. Les vingt chouans, enthousiastes, crient : « Vive le Roi ! » Jean Chouan, grave et froid, et qui a encore son chapelet dans sa main, les calme et dit : — Un moment ! ”
Édouard Gorges, Le Marquis de Fayolle, par Gérard de Nerval… (1856)
“ Pendant que les chouans furieux se jetaient sur l' abbé Huguet ,– Jean le Chouan , pâle et immobile , se tenait à l' écart , les deux mains appuyées sur le canon de son fusil planté devant lui . Le cri de douleur et d' agonie que poussa le prêtre en tombant , le remua profondément ; cet homme , que ses amis assassinaient ,– il le connaissait depuis trente ans , – il avait eu pour lui une admiration , un dévoûment sans bornes . Il l' avait vu au château d' Épinay , aimé et estimé .. il connaissait la vénération dont il était l' objet à Vitré et dans les environs . ”
