“ Moi, je suis libre, je n'ai besoin de rien, et je vous servirai mieux qu'une femme de chambre, si dévouée qu'elle soit.LOUISE. Toi, me servir?...MARIE. Oui, moi, car ce ne sont plus seulement des soins matériels qu'il vous faut; c'est une amitié à l'épreuve de tout, c'est du courage pour soutenir le vôtre, c'est en un mot ce que l'on ne peut ni exiger ni obtenir pour de l'argent, mais ce qu'on doit accepter d'un coeur reconnaissant, sous peine de l'offenser en doutant de lui!LOUISE. Ah! chère amie, viens, alors! oui, avec toi je serai capable de tout supporter! Ah! que j'ai besoin de toi! ”
George Sand
Résumé
George Sand's Cadio, publiée en 1858, plonge le lecteur dans les tourments de la France en pleine Révolution, à travers les destins entrelacés de personnages comme Saint-Gueltas, Louise et la Korigane. Ce roman explore les tensions entre républicains et chouans, les ravages de la Terreur et le dévouement face à l'adversité.
Les dialogues percutants et les conflits émotionnels soulignent les luttes idéologiques et humaines, ancrant l'œuvre dans un contexte historique tumultueux. La figure de Cadio incarne la résistance morale dans un pays déchiré.
Citations de Cadio (George Sand)
“ SAINT-GUELTAS. Ah! bon! Alors, tu connais le repentir, toi?LA KORIGANE. Et toi, maître?...SAINT-GUELTAS. Moi? Je n'ai pas lieu de le connaître. Je n'ai rien fait que ma conscience ne m'ait permis de faire, et je te croyais encore plus forte que moi de ce côté-là! Tu ne l'es pas? tu as peur de l'enfer? Tu n'es qu'une femme comme les autres, et tu perds ton prestige. Tu ne peux rien contre moi, rien pour moi; va-t'en, je te méprise!LA KORIGANE. Ça, c'est la plus méchante parole que tu m'aies dite. J'aimerais mieux la mort que ce mot-là, car c'est par l'orgueil que tu m'as toujours menée! ”
“ LA KORIGANE. Tu m'admires, moi si laide?SAINT-GUELTAS. Eh bien, suis-je beau, moi, pour te reprocher ta laideur?... La beauté est là, vois-tu, dans la tête, et là, dans le coeur. C'est la volonté qui nous porte et le feu qui nous brûle. Je ne t'aime pas d'amour, tu le sais bien. T'ai-je trompée, toi? Jamais. Seule au monde, tu es de force à supporter la vérité, et je te l'ai dite; mais je sais ce que tu vaux, et je ne suis pas homme à n'y pas prendre garde. Je me connais en courage, et je te sais grande, ma pauvre souris noire, plus grande que les déesses qui me charment... ”
