“ LA KORIGANE, emphatiquement, naïvement. Pour la cause du bon Dieu et des bons prêtres, réjouissez-vous, mesdames ! Si Saint-Gueltas vient ici avec ses bons gars du Poitou, de la Bretagne et de la Loire, car il y en a de tous les pays qui le suivent, comptez que la sainte Vierge est à leur tête, et que pas un républicain, pas un trahisseur, pas même un tiède, ne restera sur terre. Quand Saint-Gueltas passe quelque part, c’est rasé ! c’est comme le feu du ciel ! ”
Saint-Gueltas
Définition et enjeux
Citations sur “Saint-Gueltas”
“ SAINT-GUELTAS. Tous nos voisins et amis, beaucoup de dames endimanchées à l’ancienne mode : vous allez y voir reparaître la poudre et les paniers. Les hommes sont mieux dans leur simple costume de partisans. On joue, on rit, on boit... un peu trop peut-être ! Enfin, puisque la Convention nous fait ces loisirs, il n’y a pas grand mal à en profiter. LOUISE. Si vous le permettez, je ne descendrai qu’au moment de me rendre à l’église. SAINT-GUELTAS. Vous aller rêver ou pleurer seule à cette fenêtre, pour paraître pâle et les yeux meurtris, comme une victime qui se fait traîner à l’autel ? ”
“ SAINT-GUELTAS, moqueur. Si telle est votre pensée, ma belle dame, il me semble que vous voilà sous l’égide de la République et que rien ne vous force à suivre votre nièce... Quant à moi, je la reconduis chez elle, et je la prie de vouloir bien accepter mon bras. HENRI. Un instant, monsieur ! Je vois ma tante sérieusement effrayée et Louise près de s’évanouir. Est-ce bien chez elle que ma cousine va rentrer ? SAINT-GUELTAS, tressaillant. Que voulez-vous dire, monsieur ? HENRI. Je veux dire qu’une femme n’est plus chez elle quand une rivale y a plus d’autorité qu’elle-même. ”
“ Ah ! tiens, on me trompe ! Mon père n’est plus ! et Saint-Gueltas nous oublie ! CADIO. Saint-Gueltas n’a peut-être pas reçu vos lettres. N’arrive pas qui veut dans le pays où il est ! LOUISE. Cadio, si tu y allais, toi ! elles arriveraient. CADIO. J’irais bien peut-être, mais je n’en reviendrais pas. Les Vendéens fusillent tous ceux qui repassent la Loire, ils les traitent d’espions et de déserteurs... pour n’avoir pas à les nourrir ! La famine est là-bas pire qu’à Nantes. D’ailleurs, Saint-Gueltas... je ne l’aime pas, moi ! ”
“ RABOISSON. C’est le signal, adieu ! SAINT-GUELTAS. Non pas, au revoir ! (Il se baisse, traverse les buissons, se laisse rouler au bas du talus, rampe dans l’oseraie de la palude et se jette dans la rivière.) UN SOLDAT, s’en apercevant et parlant à son voisin. Eh bien, en v’là, un crâne ! Ne dis rien, il a bien gagné d’en être quitte. L’AUTRE. Mais c’est un chef, et un rude ! ”
“ Scène PREMIÈRE. — SAINT-GUELTAS, LOUISE, dans un petit salon qui fait partie de l’appartement de Louise et de sa tante. (Louise est assise dans l’embrasure d’une fenêtre et regarde la mer. Saint-Gueltas entre.) SAINT-GUELTAS. Eh bien, ma chère, vous ne songez pas à vous habiller ? LOUISE, sortant comme d’un rêve. Ah ! pardon... j’oubliais... Est-ce que l’heure est venue ? le prêtre est arrivé ? SAINT-GUELTAS. Pas encore, il ne viendra qu’à dix heures, et il fait à peine nuit. Vous avez encore le temps de réfléchir et de prier, si le cœur vous en dit ”
“ SAINT-GUELTAS. Commander à des chouans? Non, plus jamais! J'aimerais mieux une armée de peaux-rouges ou de cannibales. Jamais je ne leur pardonnerai d'avoir porté la main sur moi! J'ai été forcé d'en tuer trois ou quatre; après quoi, écrasé sous le nombre...RABOISSON. Il y a là quelque chose d'inexpliqué. Que ne te laissaient-ils tuer Cadio?SAINT-GUELTAS. Tu ne les connais pas! ils ont contre le duel la même prévention que contre les combats à découvert. Tout ce qui est lutte à force égale répugne à leur lâcheté. Ils n'ont pas voulu me laisser tenter le diable, comme ils disent. ”
“ RABOISSON. Diable ! tu me vois embarrassé... SAINT-GUELTAS. Il suffit, je comprends ; on refuse mes services ? RABOISSON. On ne refuse jamais des services comme les tiens ; mais... SAINT-GUELTAS. Mais on veut les recevoir gratis ? RABOISSON. Les seuls bons services sont ceux qui ne se marchandent pas. (À Rebec, qui ouvre la porte de la cuisine et qui apporte le déjeuner.) Un peu plus tard, laisse-nous. (Il referme la porte de la cuisine et revient vers Saint-Gueltas, qui frappe du pied avec fureur.) Eh bien, voyons ! As-tu si peu de philosophie, si peu de dévouement ? ”
“ Faut que le seigneur fasse ce qui est le bien du paysan, et, puisque le paysan veut venger son roi et son Dieu, faut que le noble se batte comme nous autres, que ceux qui sont en retard se dépêchent et fassent sonner le tocsin de leurs paroisses, ou bien on le sonnera nous-mêmes, et on mettra le feu aux maisons des feugnans; ça y est-il, vous autres! (Cris et clameurs des insurgés qui envahissent le salon. Saint-Gueltas va vers eux avec une autorité irrésistible et les fait reculer.) ”
“ Vous avez pleuré avec frénésie ce que vous appelez votre faiblesse et votre honte, ce que j'appelais, moi, votre grandeur et votre force. Nous ne nous entendions pas; mais je fais votre volonté. Pourquoi n'êtes-vous pas fière et joyeuse?LOUISE. Saint-Gueltas, j'ai la mort dans l'âme, et vos paroles répondent avec une cruelle franchise à mes terreurs! Vous allez me haïr, vous me haïssez déjà! N'importe, je dois tout accepter pour assurer le sort d'un être qui m'est déjà plus cher que moi-même. Qu'il vive, et que je meure après! ”
Pierre Marge, Le Tour de l'Espagne en Automobile (1909)
“ A peu près pas de maisons, sauf dans la roche quelques cavernes habitées par des gitanos. Un descend enfin dans la large vallée où coule le rio Guadix. Le paysage change brusquement d'aspect, d'aride et jaune il devient verdoyant et cultivé, de désert il se fait habité. Guadix, au bord de la rivière du même nom, est joliment étagée au pied des hautes sierras dans sa verdoyante vallée. Chaque fois que dans ces régions on rencontre de la verdure, on la trouve plus fraîche, plus verte qu'ailleurs par suite du contraste avec la désolation des déserts d'où l'on sort. ”
Charles Giraud,
Exposition Guétal. Catalogue illustré…
(1892)
“ En Oisans, il étudie surtout deux régions, la vallée de la Romanche à la Grave, et la vallée du Vénéon à la Bérarde tout d'abord, et sur la fin de sa vie à Bourgdarud. Pendant plusieurs années Guétal passe un mois, tous les ans, dans la Creuse, à Crozant et les toiles faites dans cette région tiennent une des premières places dans son oeuvre. Il faut signaler aussi parmi les lieux où Guétal a travaillé, Névache, Vallouise, le Berry, Néris, la Motte-les-Bains, Vienne, Clelles, Crémieu, Moirans, Saint-Ismier, Paladru, Sassenage, Narbonne. ”
Anatole Le Braz,
La Légende de la mort en Basse-Bretagne
(1902)
“ Quand un pêcheur périt en mer , les goélands et les courlis viennent siffler et battre de l' aile aux vitres de sa maison1 . A Gueltraz ( île Saint-Gildas ) , près de Port-Blanc , on voit souvent débarquer des noyés qui viennent faire provision d' eau douce . Ils cheminent , silencieux , en une longue procession qu' une femme conduit . Quelquefois cependant on les entend chuchoter entre eux à voix basse . Mais de leur conversation on ne distingue jamais qu' un mot : ia !.. ia !... ( oui !.. oui !...) La silhouette de leur navire s' aperçoit au loin , comme perdue dans les nuages . ”
Anatole Le Braz,
La Légende de la mort en Basse-Bretagne
(1902)
“ Les naufragés de Gueltraz ( Ile Saint-Gildas ) En face de Port-Blanc , sur la côte trécorroise , est un îlot fait de quelques masses de rochers et planté d' un bois de pins . On l' appelle Gueltraz . Il est habité par un fermier et sa famille , qui vivent plus encore du goëmon qu' ils ramassent que des pommes de terre qu' ils récoltent . Leur meilleure aubaine , ce sont les épaves que la mer leur jette quelquefois , car ces parages sont hérissés d' écueils . ”
Contes de Saint-Santin. 3e série (1870)
“ Et prends garde, lui dit sa mère, de verdir ta belle culotte et la belle écharpe que tu as au bras. Pierre Guillot quitta donc la foire, en traversant ce qui restait encore, pêle-mêle, de bidets, de vaches et d'ânons ; il sauta le fossé et entra lestement dans la forêt, tirant vers la gauche, par la grande futaie de vieux hêtres. Il la connaissait presque aussi bien que son père, la forêt. ”
Charles Du Rozoir, Description géographique, historique… (1823)
“ GUADIX ( Acci ) , évêché, ancienne ville proche la rivière du même nom , au sud-ouest de Baza , à 39 milles nord-ouest de Grenade. Elle contient sept couvens. Il y a des fabriques de poterie et de soieries. Les environs sont très-beaux ; les ormes et les mûriers y croissent en quantité. On voit au sud, à la distance de 12 lieues, la chaîne de montagnes appelées Sierra Nevada, à une lieue sud-ouest de Guadix, sont les eaux minérales de Graena. ”
Eugène Viollet-le-Duc,
Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle
“ La guette, ou la tour de guet, est le signe visible du système de police armée établi par la féodalité. La tour de guet du château n’a pas seulement pour objet de prévenir la garnison d’une approche suspecte, mais bien plus d’avertir les gens du bourg ou du village de se défier d’une surprise et de se prémunir contre une attaque possible. Il n’était pas rare de voir une troupe de partisans profiter de l’heure où les gens étaient aux champs pour s’emparer d’une bourgade et la mettre à rançon. ”
Charles Giraud,
Exposition Guétal. Catalogue illustré…
(1892)
“ Guétal aima du même amour nos plaines fertiles et nos montagnes dénudées. Il excella dans la peinture des montagnes, des lacs, des torrents, des rochers, et il fut encore épris du désir de dire le charme des prairies verdoyantes et surtout la grâce et l'élégance des arbres. ”
Alcide d' Orbigny, Voyage pittoresque dans les deux Amériques… (1836)
“ Une prairie verte où paissaient des bestiaux, des cases entourées de cultures et ombragées de saules, des bois, des ruisseaux clairs et purs, tel était le coup-d'oeil de ce vallon intérieur. Guaduas en forme le centre. C'est une jolie ville, avec des maisons propres et blanches, une église d'un assez bon style et des rues régulières. Après les sites sauvages de ces pics, ce gracieux vallon est un rêve, une féerie ; tout y sourit, tout y invite à de douces pensées. ”
Jean-François Luco, Histoire de Saint-Gildas-de-Rhuys (1869)
“ Il en fit don à saint Gildas, lorsque celui-ci, obligé de quitter l'île de Houat, voulut s'établir sur le continent. Malgré sa situation d'un aspect un peu sauvage, ce domaine, qui était assez vaste et dans une des meilleures et plus fertiles terres de l'Armorique, avait ses charmes et ses agréments. Le saint homme, insensible au reste, n'y vit que la solitude et l'étendue dont il avait besoin pour sa communauté. Avec les pieuses libéralités de Guérech et de ses compatriotes, il convertit le castrum en monastère, y faisant de nombreuses cellules et y ajoutant des cloîtres. ”
“ Guadelupe est un village à deux lieues au nord de Mexico. Un chemin de fer vous y mène en quelques minutes. Guadelupe est le grand pèlerinage du Mexique. La Vierge y possède une chapelle privilégiée où les miracles se succèdent sans relâche. Placée au sommet d’une pointe de rocher relié à la chaîne principale, et qui fait promontoire dans la plaine, la chapelle regarde Mexico et permet au voyageur de parcourir de l’œil tout le panorama de la vallée. ”
Charles Vatel,
Excursion à Saint-Émilion : extrait de l'ouvrage intitulé "Charlotte de Corday et les Girondins"
(1872)
“ Suivant l'opinion générale du pays, des contemporains et de la famille Guadet, gardienne fidèle de la tradition, la présence des proscrits à Saint-Émilion était connue, mais nul ne songeait à les dénoncer; le sentiment qu'ils inspiraient à la majorité de la population était celui d'une haute estime et d'une pitié profonde. ”
Jean-François Luco, Histoire de Saint-Gildas-de-Rhuys (1869)
“ Parce que saint Gildas s'estimait le dernier des hommes et s'abaissait au-dessous de tous, Dieu, qui aime les humbles, prit plaisir à l'exalter pendant sa vie par de nombreux miracles, et, après sa mort, par la vénération des peuples. Les admirables prodiges qui s'opéraient par la vertu de ses reliques, rendirent son tombeau glorieux et y attirèrent, de toute la Bretagne et des pays voisins, un grand concours de fidèles. ”
E.-A. Menassade, A travers le Guipuzcoa : impressions (1897)
“ Nous la continuons encore quelque temps, toujours resserrée entre les pierres et les flots. Mais voici Guetaria. * Située en amphithéâtre, sur le flanc du mont Garate, elle apparaît sombre comme au lendemain de ses désastres et de ses incendies. A cette heure, la lumière du jour a perdu son éclat. Guetaria s'allonge d'une silhouette dont aucun trait, aucun détail ne s'égare sur cette masse des flots, maintenant d'un blanc d'argent; qui s'étend tout alentour et se montre encore entre les lézardes profondes des masures ruinées et par les ouvertures béantes de leurs murs chancelants. ”
Judith Gautier,
Le Second Rang du Collier
“ Toujours quelque anicroche à ma toilette me taquine, quand j’ai affaire à des souverains ! disait Théophile Gautier. En Espagne, le jour où l’on me présenta à la reine, j’avais un gilet de nankin, fraîchement empesé et rétréci au blanchissage, si bien qu’il fut impossible d’attacher la boucle. Au mouvement que je fis pour saluer, je sentis un claquement dans le dos : la toile, brûlée par l’empois, cédait !... À mesure que je m’inclinais, la déchirure augmentait, avec un bruit qui me paraissait formidable, tandis que le devant du gilet bouffait, d’une façon grotesque. ”
Joris-Karl Huysmans,
La Bièvre et Saint-Séverin
“ Dans son poème du « Dit des rues de Paris », Guillot les dénombre complaisamment. Partout, dans son passage au travers de cette paroisse, il les rencontre. En homme obligeant, il recommande de ne pas s’attarder auprès d’une telle, hoche la tête devant une autre, déclare qu’une troisième est de « corps gent ». ”
Collectif, Lectures romanesques
“ Et il allait marcher sur Guitalens, se livrer à quelque tentative désespérée, lorsqu’il vit le gouverneur se redresser et, tout trébuchant, s’approcher de lui. Guitalens claquait des dents. — Jurez-moi, bégaya-t-il, jurez-moi... sur le Christ... sur l’Évangile... que vous arriverez à temps... pour reprendre la lettre... — Je jurerai tout ce que vous voudrez, fit Pardaillan d’une voix très calme, mais je vous ferai observer que le temps passe... vos gardes eux-mêmes vont s’étonner... — C’est vrai ! fit Guitalens en essuyant son front couvert de sueur. ”
Jules-Alfred-Joachim Bochet, Journal d'un officier de chasseurs à pied… (1894)
“ Hier, c'était Saint-Pierre et Saint-Paul, jour de grande fête dans les pays ultra - catholiques, et surtout à Guadalajara. Il y a un joli village à quelques kilomètres de la ville, qui est sous l'invocation du portier des élus, puisqu'il se nomme San Pedro. C'est là que tous les habitants, un peu aisés, ont leurs maisons de campagne. ”
“ GIUGURTA. Souffre du moins !... AZZOLINO. Et qui donc es-tu, toi, Giugurta, pour disposer ainsi de la demeure sacrée ? — Ce Guelfe a raison : l’église est faite pour tous ; elle n’est ni Guelfe ni Gibeline !... Mais d’une seule nation : celle du Christ !... et d’un seul parti : celui du Ciel !... ORSO, remettant l’épée au fourreau et faisant signe aux siens d’en faire autant. C’est vrai !... ”
Charles Vatel,
Excursion à Saint-Émilion : extrait de l'ouvrage intitulé "Charlotte de Corday et les Girondins"
(1872)
“ On parlait souvent des grottes où les Girondins avaient été cachés. Ils y mouraient de faim et de froid. Plus tard ils sont allés dans un grenier. C'est là que Guadet a été découvert. On a désigné comme les ayant dénoncés un nommé Noël Nadal: c'était un gros homme. Il était aubergiste, et je crois que c'était lui qui leur avait porté à manger. C'est ainsi qu'il avait été initié dans le secret de la famille Guadet. Il quitta Saint-Émilion parce que personne ne le regardait plus; il alla ensuite à Libourne. Il y mourut dix ans après ces événements. ”
Prosper Mérimée,
Revue des Deux Mondes
“ Rien ne prouve mieux ses sentimens de justice, à prendre ce mot dans l’acception du moyen-âge, que sa conduite à l’égard des parens de Gutier Fernandez. A la nouvelle de la mort de ce seigneur, don Gutier Gomez, prieur de Saint-Jean, et Diego Gomez, ses cousins, tous deux chargés de défendre la frontière de Murcie, se croyant menacés du même coup qui venait de frapper le chef de leur famille, abandonnèrent leur poste et prirent la fuite. Le premier essaya de gagner Grenade, l’autre chercha un refuge à Valence. Le prieur, arrêté à la frontière, n’attendait que la mort ”
