“ GIUGURTA. Bien ! s’il est mort !... Car s’il n’est que blessé, comme tu le dis !... CORDELIA, vivement. Eh ! blessé aussi,... qu’importe à présent ?... UBERTA, surprise. Qu’importe ? Parler ainsi,... après ce que tu as fait !... CORDELIA. Mon Dieu ! j’ai fait ce que j’ai fait... le ciel a fait le reste ! S’il l’a sauvé, c’est qu’il l’a jugé digne de pardon !... (A son frère avec anxiété.) Tu ne l’achèverais pas, toi-même, à terre, et blessé, n’est-ce pas ?... GIUGURTA. Juste Dieu ! avec ivresse !... CORDELIA. Oh !... oh ! ne dis pas cela, Giugurta !... C’est atroce ! ”
Victorien Sardou
Élements biographiques
Victorien Sardou (1831-1908), dramaturge français majeur du second XIXe siècle, s’impose comme un maître du théâtre bourgeois et de la satire sociale. Son œuvre, marquée par une maîtrise du dialogue et une structure dramatique rigoureuse, dénonce avec acuité les travers de la bourgeoisie, les absurdités politiques et les normes morales.
À travers des pièces comme La Haine, Le Roi Carotte ou La Tosca, il allie ironie, psychologie des personnages et éléments historiques, souvent en collaboration avec des actrices légendaires comme Sarah Bernhardt. Son théâtre, à la fois critique et spectaculaire, reste un pilier de la dramaturgie française.
Citations de Victorien Sardou
Victorien Sardou,
Les Femmes Fortes
“ CLAIRE. Non, merci ! JONATHAN. C’est vrai !... C’est bête, ce que je vous offre là ! Ah çà, vous paye-t-il bien, au moins, mon oncle, pour tout le soin que vous avez de lui ? CLAIRE, appareillant les serviettes, etc. Il m’aime comme si j’étais son enfant ! Franchement, c’est bien payé. JONATHAN, se levant. Parbleu ! j’en ferais bien autant à sa place ! une femme qui veille à tout, qui mène tout, qui fait marcher les domestiques ! Il est vrai qu’il ne va plus en avoir, de domestiques. CLAIRE, (à son linge) . Dame ! non ! JONATHAN. C’est tout au plus s’il sera à son aise, l’oncle Quentin ! ”
Victorien Sardou,
Les diables noirs: drame en quatre actes
“ JEANNE.Mais ne prends donc plus la peine de mentir! Tu vois bien que c'est inutile à présent!...GASTON.Moi, je mens?...JEANNE, avec colère et folie.Tu mens! Tu mens toujours, tu mens à tout propos, par nature et par besoin! Et tu as pris soin de m'en avertir toi-même!... Tu mens avec ta bouche, tu mens avec tes yeux!... Tu mens partout! toujours! Et je te hais! (Repoussant Gaston qui veut lui prendre la main.) Va-t'en, lâche, et ne me touche pas, tu me fais horreur!GASTON.Allons! c'est de la folie! qu'est-ce que cela encore? Voyons! Jeanne, qu'y a-t-il? ”
