Joris-Karl Huysmans

Joris-Karl Huysmans

Résumé

Portrait de Joris-Karl Huysmans Joris-Karl Huysmans La Bièvre et Saint-Séverin

À HENRY GIRARD I Au Moyen Âge, la paroisse de Saint-Séverin formait une sorte de triangle, aux lignes tremblées, faussé par le bas, à la pointe écachée par un carrefour. Ce triangle dont la base s’appuyait sur l’abreuvoir Mâcon et la rue de la Harpe et dont les deux côtés gondolaient, d’une part, dans les rues de la Huchette et de la Bûcherie, et de l’autre dans les rues au Fain et des Noyers, s’acutait brusquement sur la place Maubert qui s’évidait et se recourbait comme un croissant.
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Portrait de Joris-Karl Huysmans Joris-Karl Huysmans La Bièvre et Saint-Séverin

Au-dessus de la Bièvre, les terrasses des séchoirs, les parapets en moucharabis des fabriques se dressent inondés de froides lueurs ; des vermicelles d’argent frétillent sur le cirage liquéfié de l’eau ; l’immobile et blanc paysage évoque l’idée d’une Venise septentrionale et fantastique ou d’une impossible ville de l’Orient, fourrée d’hermine. Ce n’est plus le rappel de l’ancien Paris, suggéré par la ruelle des Gobelins, si proche ; ce n’est plus la hantise des loques héraldiques et des temps nobiliaires à jamais morts.
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Mais, en laissant de côté ces prétextes et en admettant même qu’ils ne cèlent point le désir inavoué de plantureux négoces, le quartier n’en est pas moins condamné à disparaître. En effet, la haine des ingénieurs pour tout ce qui est encore marqué d’une étampe d’art est inlassable et ils ne s’arrêteront que lorsqu’ils auront complètement aboli les derniers vestiges d’antan. Après cette mélancolique et charmante Bièvre qu’ils ont fini par tuer et par inhumer dans un égout, ça va être le tour de Saint-Séverin : c’est dans l’ordre.
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