Joris-Karl Huysmans,
Les Foules de Lourdes
(1906)
“ Et l’on est pris d’angoisse, l’on tremble presque, faisant un brusque retour sur soi-même, quand l’on songe qu’Elle se tient, invisible, en cet étroit espace, qu’on la frôle peut-être, et que, dans une minute, Elle attestera, si elle le veut, sa présence, par une guérison ! Il faudrait avoir l’âme blanche de Bernadette pour oser rester sans vergogne aussi près d’Elle ! On se sent bien petit, un peu honteux même de se promener là, en simple curieux, mais, après tout, l’on n’est pas sans doute inutile puisqu’on vient la prier pour les infirmes, puisqu’on ne lui parle pas de soi, mais d’eux ! ”
