Michel de Lézinier

Résumé

Michel de Lézinier Avec Huysmans : promenades et souvenirs (1928)

Les deux bras de la Bièvre sont séparés par un intervalle de deux ou trois mètres à peine. L'un d'eux est à un niveau de plus d'un mètre supérieur à celui de l'autre : une espèce de porte d'écluse en bois noir s'ouvre dans la berge où poussent des peupliers malingres et biscornus.
Une triste plaine grise et verdâtre, clairsemée de masures, s'étend à perte de vue sous un pâle soleil : les lointains s'effacent et se voilent de brume. Presque en face de nous, de l autre côté du boulevard, s'ouvre la rue du Champ-de-l'Alouette, dont le nom charme Huysmans.
Source : Gallica

Michel de Lézinier Avec Huysmans : promenades et souvenirs (1928)

L'heure du déjeuner approche. Des convers passent portant des pains sur leur dos; un père long et mince circulé, en faisant des signes.
« Le père hôtelier, me dit Huysmans. Il faut le voir bécher, greffer, sarcler la vigne, en plein soleil!... »
Mais brusquement, tout bruit cessa. Personne ne parlait plus. Les moines se rangeaient sur deux files, et tout le monde entrait au réfectoire, en silence. Le père abbé, sur le seuil, avec un salut souriant à chacun de nous, nous versait quelques gouttes d'eau sur les doigts, de sa main un peu tremblante où scintillait
l'anneau pastoral.
Source : Gallica

Michel de Lézinier Avec Huysmans : promenades et souvenirs (1928)

Avec Goncourt il me semble errer, épars et comme évaporé, dans un décor superbe et mal défini.
Avec Huysmans, me voilà, presque à mon insu, dans une salle des Sept Châteaux de l'âme, qui ressemble assez à une cellule. Je m'y tasse, m'y replie et m'y ramasse sur moi-même, en face de ce site qui m'emplit et m'accapare. Ma pensée ne peut plus s'en distraire. Elle ne peut flotter, ni laisser s'évader rien de sa propre force. Et elle en acquiert une intensité qui la
force à se repaître d'elle-même, comme le cato-blepas.
Source : Gallica

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