Eugénie Guinault

Résumé

Eugénie Guinault Sergent !

Comme le parrain tendait sa main à mon père, je frappai légèrement aux carreaux.
— Quelqu’un, Daniel, regarde, mon homme.
Mon père se leva et alla vers la fenêtre.
— C’est, à coup sûr, la Toinon qui vient parler à son petit gars. Mais non ! il n’y a personne !
— C’est drôle ! fit ma mère. Elle vint et ouvrit la porte toute grande.
Je la saisis dans mes bras en criant comme un enfant :
Maman ! Maman !
— Mon garçon ! mon garçon ! ah ! mon garçon !... Folle de joie, elle pleurait, m’embrassait, me pressait sur son cœur, prenait ma tête dans ses mains et m’inondait de larmes.
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Eugénie Guinault Sergent !

À cet appel, il me sembla entendre un bruit léger, je tournai la tête, mon fourrier seul était auprès de moi ; je crus m’être trompé.
— Voyons, la mère, nous ne vous ferons pas de mal ; mais, dites-nous si les Chouans sont partis.
— Sainte mère de Dieu ! je n’en sais rien !
— Fourrier, conduisez cette vieille chouette au capitaine ; il l’interrogera...
— Seigneur trois fois saint ! s’exclama de nouveau la vieille.
À ce cri, un coup de fusil partit, une balle m’effleura le bras et alla frapper mon pauvre fourrier. Il fit un tour sur lui-même et tomba.
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Eugénie Guinault Sergent !

Néanmoins, on frotta tant et si bien, on rit de si bon cœur que je finis par rire avec tout le monde et par me mettre en marche comme si de rien n’était.
Peu de jours après, nous arrivions au Havre. Ceux qui n’ont jamais vu la mer ont peine à se figurer ces immenses masses d’eau dont l’œil ne peut apercevoir la fin. On se sent abîmé, écrasé devant cette puissance majestueuse ; des exclamations seules montent aux lèvres et l’esprit se perd dans une profonde rêverie.
Pour moi, j’étais charmé d’habiter un port de mer ; car, à Perpignan, nous en étions assez loin.
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