Eugénie Guinault

Résumé

Eugénie Guinault Le Numéro treize

Mon cœur était serré ; mais le funeste numéro treize, par l’influence du père Lascience, ne me paraissait plus si terrible et si menaçant. Souvent une bonne parole suffit pour ranimer le courage le plus ébranlé. Ma mère me voyant calme dominait son chagrin.
Elle apporta sur la table une cruche de cidre et des verres que mon père emplit.
— Allons, les amis, dit le parrain en élevant le sien, à la santé du conscrit ! Je vous parie qu’il nous reviendra plus savant que le maître d’école, plus faraud que monsieur le comte et plus avisé que Mathurine.
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Eugénie Guinault Le Numéro treize

Oh ! le délicieux et charmant festin !
— À votre santé, père Lascience !
— À vous pareillement, Marie-Jeanne !
— Hélas ! dit le parrain en haussant légèrement l’épaule, ce que c’est que l’homme, il ne songe qu’à lui ! Nous sommes là à nous goberger et nous ne pensons pas que César n’a mangé que des yeux. Aujourd’hui, fête pour tout le monde ! Je veux que César soit content : Prends une chandelle, petiot, et va dans la pièce à côté lui faire une bonne soupe.
Je pris le plat qu’il me tendait, un gros morceau de pain et j’appelai César qui s’obstina à rester près de Pierrot.
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Eugénie Guinault Le Numéro treize

Rentrons, dis-je en riant, nous avons vu la fontaine sans la voir, appris l’histoire sans l’apprendre, c’est suffisant... sans l’être. J’ai tant de choses nouvelles dans les yeux et dans la tête que je ne serai pas fâché de me reposer.
Lorsque je fus seul, je me mis à réfléchir. À peine le pied hors du pays un monde inconnu surgissait devant moi. Tout m’étonnait, me bouleversait, me faisait sentir mon ignorance. Là-bas, chez mes parents, pour être estimé, pour me trouver au niveau des plus importants, que me fallait-il ? L’honnêteté, du travail et un peu de bien au soleil.
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