“ Carracciolo! Carracciolo!...A ce cri, tout le monde accourt; mais au lieu de s'évanouir, l'apparition reste visible pour tous. Les plus braves s'émeuvent. Nelson, qui, enfant, demandait ce que c'était que la peur, pâlit d'émotion et d'angoisse; et répète l'ordre donné par le roi de gouverner vers la terre.Alors, en un clin d'oeil, le bâtiment se couvre de voiles, s'incline et glisse doucement vers Sainte-Lucie, poussé par la brise de mer; mais voilà, chose terrible! que le cadavre, lui aussi, s'incline, suit le sillage, et, mû par la force d'attraction, semble poursuivre son meurtrier. ”
Alexandre Dumas
Résumé
Le Corricolo, publié entre 1841 et 1843 par Alexandre Dumas, est un récit de voyage inspiré de son voyage de Rome à Naples en 1835, accompagné du peintre Louis Godefroy Jadin. Ce recueil d’anecdotes, de portraits et de récits de promenades explore la culture, les mœurs et les superstitions de Naples, notamment la jettatura ou « mal du regard ».
À travers des personnages comme Lia ou Nasone, Dumas mêle observations sociales et récits populaires, offrant une vision nuancée de la ville. L’ouvrage, toujours utile comme guide, témoigne de l’attraction de l’auteur pour le Sud de l’Italie.
Citations de Le corricolo (Alexandre Dumas)
“ Si saint Janvier n'était pas au ciel, il y aurait long-temps que la jettatura aurait anéanti Naples; si la jettatura n'existait pas sur la terre, il y a long-temps que saint Janvier aurait fait de Naples la reine du monde.Car la jettatura n'est pas une invention d'hier; ce n'est pas une croyance du moyen-âge, ce n'est pas une superstition du bas-empire: c'est un fléau légué par l'ancien monde au monde moderne; c'est une peste que les chrétiens ont héritée des gentils; c'est une chaîne qui passe à travers les âges, et à laquelle chaque siècle ajoute un anneau. ”
“ Je passai la journée à étudier ce précieux itinéraire: deux heures après, je connaissais mon Naples sans soleil, et je serais allé à l'ombre du ponte della Maddalena au Pausilippe, et de la Vuaria à Saint-Elmo.Le soir vint, et avec le soir la fraîcheur. Alors, à cette douce brise de mer, on vit toutes les fenêtres s'ouvrir comme pour respirer. Les portes roulèrent sur leurs gonds, les voitures commencèrent à sortir, Chiaja se peupla d'équipages, et la Villa-Reale de piétons.Je n'avais pas encore mon équipage, je me mêlai aux piétons. ”
